
La foule se masse toujours dans la même direction, elle préfère se masser que s’espacer
La foule est parfois si compacte qu’elle ne laisse pas passer la lumière
La foule se fixe des rendez-vous et personne ne manque à l’appel
Aux avant-postes de la foule il y a une mini foule
On ne choisit pas la foule, c’est elle qui nous choisit
Le règne de la foule est dans la grande foulée, tous d’un même pas
La foule a des gestes désordonnés
La foule défile sans bruit (mais tout le monde sait que c’est faux)
Sans boussole la foule perd toujours le nord
mais y trouve une certaine gloire
Le nord oriente le mieux ce paysage froid qui fait défaut
Le nord est une voix lointaine que la foule écoute pour s’orienter
Emporté par la foule qui s’élance, le nord s’apparente à une danse
Le nord est une clé
Le nord est un souvenir
Le nord est une illusion
Sur la carte, le nord désigne l’inatteignable qui est souvent l’inattendu
Ce que la foule n’atteint pas, elle le rêve
Car la foule dort d’un même, d’un seul oeil
De l’autre, elle regarde le nord
Dans l’œil de la foule le nord est déficitaire
L’ennui est la distance qui sépare l’attente du nord de celle du futur
L’ennui est le principal agent d’érosion de la foule qui attend quelque chose du nord sans savoir quoi précisément
Le nord est l’obsession, vous ne le saviez pas ?
Perle Vallens














