poéie concrète / graphique·poésie

Une danse

Le squelette nous porte 
La peau nous porte chance
Est-ce la chair qui danse
qui festoie
Os est maracas
l’oreille est musicale 
sa paroi est un tambour 
où bat notre plus juste mesure
Les notes tombent dans les mains 
plus chargées de joie porteuses de chaleur
Les doigts ne s’échappent s’échangent
contre de nouvelles pistes de danse 
de nouveaux frissons une fluidité 
dans les bras nous hisse du sol
offrant un avant-goût de ciel 
nous pardonne de n’avoir
dansé davantage 
sous l’ossature 
brûle encore 
le ventre
centre
des
sources 
d’éveil de feu
la terre tremble
rien ne m’empêche 
de me lever de danser
cette façon que j’ai de taire
l’effroi de me lever de toucher 
l’ombre de créer un effet de lumière 
de brandir mon corps de vous émouvoir 
me mouvant déployant chacune des flammes 
la peau est une transparence sous laquelle 
notre structure reste un peu bancale 
le rythme ne suffit pas à nous 
maintenir on fait semblant 
de mourir pour anticiper
la mort on prend de
l’avance pour la 
désamorcer 

Perle Vallens

(de saison cet ancien poème exhumé des archives)

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