Dernier jour de résidence au Quinson. Quelques insignifiantes d’ici : millepertuis, centaurée, brunelle, vipérine, clinopode.





Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…
Dernier jour de résidence au Quinson. Quelques insignifiantes d’ici : millepertuis, centaurée, brunelle, vipérine, clinopode.














Ce matin, la brume nimbait les alentours, arbres, plantes, jusqu’aux collines et montagnes, jusqu’au rocher de Saoû.
C’est ce jeudi à 20h00 à Francillon sur Roubion, à côté de Saoû et à environ 15 minutes de Crest. Si vous êtes dans la région vous êtes les bienvenus !

Ce nouveau poème a été écrit et lu sur un extrait de cinq pièces faciles (five easy pieces) de Bob Rafelson. Vous pouvez le voir, comme toujours, sur la playlist youtube « ciné-poèmes ». Voici le début :

Il me parle. Il me dit de toujours m’enfoncer plus loin, dans la morsure de l’air. J’ai confiance en lui, je le suis. Il m’apaise et me plie à sa direction sans que je me sente obligée de rien, ni de le suivre, ni de rebrousser. C’est chaotique et caillouteux mais je le suis. L’impression rampante de glisser, de flotter au-dessus. Je n’ai pas peur. C’est lui qui me fait ça, et le murmure de la rivière en contrebas, et le chant des pintades. L’eau devant, figée, me souffle le froid qu’il fait. Elle est encore gelée et, à l’endroit où sa surface se froisse, ça fait comme un sourire. Plus loin des feuilles d’érables jaunies tombent en tourbillons et le tapissent à mesure que je passe. Je m’arrête et je les regarde longuement. C’est un or hypnotique qui le pare et qui me fait continuer. Là, le chemin plonge et je déboule sur lui, sans me tordre la cheville. Ce qu’il me fait : me sentir vivante. Il génère une énergie qui s’était endormie depuis la veille. Il me régénère.
Je peux te suivre longtemps, je ne fatigue pas. Je contourne tes plaques de boue, tes flaques gelées mais c’est pour mieux coller à la sente, la plante de mes pieds à tes empierrements, la glaise qui macère sous tapis de feuilles, terre tassée-soulevée qui respire sous mes pas. L’espace délaissé par la mélancolie se charge d’humus et d’odeurs vivaces qui m’imprègnent, plus animale de te parcourir. Si tu es litière, je suis bête plus lourde de t’appartenir, pleine et renforcée. Dans l’appui, à même toi, je déroule ma bipédie comme si je progressais à quatre pattes, mon ventre à ton humide soleil, mes flancs à ta fente creusée, soulevée d’éclats de calcaire et tapissée, herbeuse, de glands et de pommes de pin. Bête parmi les bêtes, vois ce que tu fais de moi, griffes et poils, croquant le gel du matin.
Perle Vallens
(écrit avec les ateliers d’écriture de Laura Vazquez durant la résidence d’écriture au Quinson, à Francillon sur Roubion dans la Drôme)
Depuis lundi, en résidence au Quinson dans la Drôme. Pleine campagne, au calme pour écrire sur les Insignifiantes, je partage quelques photos ici…






quel secret non effrité de la pierre son silence
l’irrévélé se plisse en strates dans d’insondables replis
lessivée rongée poncée par les pluies se laisse raviner
dégringole son unicité décrochée de la roche
l’infime devenu pierre
son appel clair entonne un chant inaudible
dévoile l’invisible d’une discrétion d’une pudeur
le signe d’une existence simple
secrète effusion sa tension au creux de la paume
la blessure au poignet la veine minérale
son feuilletage cristallin
sa blancheur de craie moelleuse écrasée
sans laisser trace sur les doigts
à la main revenue au pouce préhenseur
j’agrippe mais ne la possède pas
d’infimes poussières sont brève envolée
leur olfaction tressaille palpitation des narines
ce souffle intense d’une vie passée dans ses mystères
je ne perce pour l’instant aucune révélation
du berceau de la terre de ses profondeurs
la pierre tait jusqu’à son origine
se lèche pour savoir de quelle extraction
de quel sol son origine de quelle promesse son terroir
et le vin à venir
Depuis hier en résidence au Quinson, à Francillon sur Roubion dans la Drôme, et un clin d’oeil vidéo-mappé sur youtube.

Aujourd’hui débute une résidence d’écriture dans la Drôme : le Quinson se trouve à Francillon-sur-Roubion au nord-est de Montélimar. Durant quinze jours, je travaillerai à l’essai poétique en cours : Les Insignifiantes. Il n’y aura peut-être pas de journal de résidence mais quelques points sur l’écriture, des images sur la nature environnante, des rencontres, des échanges, etc. A suivre…

C’était le 25 octobre à la librairie Orange bleue, lors du vernissage de l’exposition photographique Les Insignifiantes, qui est visible à la librairie, dans l’escalier, jusqu’à fin décembre. J’ai lu quelques extraits de l’essai poétique et photographique éponyme, qui est à la fois le projet du Master de création littéraire écopoétique d’Aix-Marseille et auquel sera consacrée une résidence d’écriture qui démarre ce lundi. Je vous en dis plus à ce sujet demain.
Voici un court montage du quart d’heure de lecture. J’en reposterai probablement plus tard.
Et ci-dessous des photos prises lors de l’installation de l’exposition fin septembre.


