photo n&b·poésie

Bercée d’illusions

Le vent emporte quelque chose de non visible
emprunte à la vue sa vitesse de perception
grand emballement ou pâmoison
épanchement humide sous le pas
rien ne se dérobe sous la botte
le sol adhère et même colle
agglomération glaiseuse
de quoi gloser un peu sur le temps qu’il fait
d’un réchauffement planétaire la semelle
s’inquiète si peu se contente d’acquiescer à la terre
ferme sa garantie de stabilité
obéit aux gémissements souterrains et internes
vascularisés sous la ligne de flottaison des pensées

à quoi mieux réfléchir qu’au reflet
que nous laissons en surface
mal essuyée notre éponge comme petite cuisine insalubre
d’effleurement en frottement assidu s’évertue
dévoile vile dépôt et crasse
méritocratie dans les pans larges des avènements
des floraisons de nos dissidences
de nos révolutions
je me berce de visions de merveilles
d’illusions par les yeux l’horizon seulement
s’élargit jusqu’à s’avaler
le sol défraîchi lisse isolé de son substrat
désertique harassé reste seul fantôme de
nos existences passées

Perle Vallens

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