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Au nord du vent

Le vent me pousse. Il ne cesse de me pousser, le vent du nord vers le sud, celui du sud vers le nord. Le vent épuise. Il étreint mais ne retient pas. Le vent est par nature volage. North by north-west ne te dit rien qui vaille, s’il faut s’envoler au septième ciel. Je me fais pétale fripé avant l’heure. Reflux du fond de la mémoire, la boussole tourne dans le vide et ce qui souffle n’est pas repérable. Les vents qui s’enroulent me tournent autour. Me tournent au ventre. Au milieu je suis une spirale qui flotte entre les deux hémisphères du cerveau. Le corps a perdu son nord, s’affole, affronte encore ses vents intérieurs, cette seule intensité quand il se laisse emporter. C’est le vent du rêve qui souffle le plus fort.

Perle Vallens

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