
on a ce sentiment d’appartenir à la même espèce
qu’on pense supérieure
et qu’on imagine pas en voie de disparition
comme d’autres moins résistantes et moins désirables
cette impression de suprématie
de l’homme-pathogène
notre estomac à digestion rapide des autres êtres
nos jambes augmentées de carburant fossile
nos bras fossoyeurs du vivant
emmanchés de pelleteuse prête à dévorer
le premier arbre pour planter sa maison
enclenchant des armes de destruction
massive de déforestation en toute légalité
il faut bien que l’on se loge là où déjà on a scié
la branche sur laquelle on était assis
rien ne sert de verdir après avoir cimenté
on a troqué depuis longtemps nos branchies
contre le poumon asphyxié de notre suffisance
et les chants d’oiseaux dont on ignore le nom
contre une surdité rugueuse qu’on pense
acouphènes le sifflement de nos organes
est une langue incomprise le germe
d’une faune personnelle qui bruisse
quand plus rien alentour ne vit
Perle Vallens