Les rendus de master ont occasionné un peu de retard dans les actualités, parutions, remerciements. J’essaie de rattraper… Et ce poème d’nspiration familiale, paru dans la revue Miroir de mai 2025. A lire intégralement ici.


Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…
Les rendus de master ont occasionné un peu de retard dans les actualités, parutions, remerciements. J’essaie de rattraper… Et ce poème d’nspiration familiale, paru dans la revue Miroir de mai 2025. A lire intégralement ici.



Il y a les champs de vignes. Leur taille en vert et les vendanges, l’effort qui creuse le dos et noircit les mains, le sang qui coule, sucré, le lécher jusqu’aux tannins. Et les cailloux qu’on suce pour savoir ce que sera le vin. Je sais les insectes et les plantes à leurs pieds, moutarde et vesce, les lombrics et les scolopendres, sous galets roulés le sol sec, je sais que ce qui grouille donne vie. Tout ce que j’ai appris ici et qui traînait dans un coin de mon corps depuis longtemps.
Il y a les champs de coquelicots. Rouges à se rouler dedans, filles et mère, à mâchouiller un brin d’herbe, à chantonner dans le vent. A se vautrer sous les vrombissements butineurs, nuée d’insectes voletant autour de nous. A regarder le ciel entre deux nuages, à caresser de l’œil la colline d’en face et les fleurs de sureau. Glaner les unes et les autres, ces promesses printanières, le parfum qu’on fera glace, tout ce rouge mis en pot, ce sera pour garder un peu de lumière et de chaleur pour l’hiver.
Il y a le verger. Les fruits picorés dans l’arbre, les cerises pendues aux oreilles, les parties de cache-cache, football, tir à l’arc, équilibre et brouette, et s’écrouler en éclats de rire. C’est souffler sur les akènes du pissenlit et les faire s’envoler, comme bulles de savon. Leur enfance concentrée sur aire réduite, comme modèle vivant à retourner la terre à main nue, à observer les araignées dans les ronces et les escargots, glissant sur la paume, leur dépose avant course de vitesse et tentative de nourrissage. Les chats errants et les hérissons échoués dans cette prairie, fourrés à camouflage, buissons de vivaces où se berce mon cœur de mère.
Perle Vallens


Etudiante depuis septembre 2024 en Master de création littéraire écopoétique d’Aix-Marseille, j’ai participé au Prix Écriture et Création « Robert Fouchet » 2025, organisé par l’université et le Festival Oh les Beaux jours ! Cette année, ce concours ouvert aux étudiant-es avait pour thème « À la source ». Une étudiante en deuxième année du Master, Clémence Lebon, est deuxième, bravo à elle ! Pour ma part, je suis parmi les 10 finalistes et j’en suis ravie. Les dix textes devraient figurer dans un recueil édité par l’université.



Ce nouveau ciné-poème, animalité, est dit sur un extrait du Règne animal de Thomas Cailley. J’espère que vous en apprécierez la dimension écopoétique.
Le recueil En échos a été écrit en Master de création littéraire écopoétique d’Aix-Marseille sous la direction de Bérengère Parmentier dans le cadre d’un séminaire passionnant avec plusieurs intervenants. On peut le télécharger et le lire ici.
J’ai écrit un texte choral, multiscalaire entre grotte et crues d’Ardèche. Il s’intitule Voyage en terre profonde. Il y a de très beaux textes de la part d’étudiants de M1 et M2. Bonne lecture, si le cœur vous en dit.






On bricole avec la peur au fond
des ventres le frisson sur la peau
s’écorce flétrie son rideau plissé
pelure d’or d’une fin de journée
la fébrilité des ombres
et leur tressaillement
une terreur grandeur nature
je devine quelle arme utiliser
pour soustraire le superflu
depuis le feu du jour
Perle Vallens

on ritualise l’aventure du cac 40
en scrollant nos avances sur capital
plus value et à valoir sont dans un bateau
celui qui tombe à l’eau se noie sous un flux
de liquidités factices
ceux qui réinventent la valeur quotidienne
de l’argent dévaluent nos vies
trouvent dans l’inflation un facteur bénéfique
tressaillement premium du sourcil gauche
sous la paupière
Perle Vallens