
Comme un chant d’oiseau je vous parle d’un territoire qui résiste aux déserts. J’ai cheminé et j’ai su les merveilles qui brisent les malédictions :
– le ciel si bleu qui baigne nos cheveux blanchis
– l’eau en transparence qui brossent nos membres éreintés
– l’espace agrandi de cuivre qui perce nos paupières closes
– le teint rosé de l’air qui frotte le désir à nos crânes désaxés
– les arbres qui ont poussé argenté dans nos yeux de brebis
– leurs feuilles qui dansent verdoyantes sur nos mains sans couleur
– les empreintes brunes qui caressent nos pieds emprisonnés
– les bruissements qui s’accrochent à nos oreilles trop grises
– les rayons d’or qui traversent nos lèvres de chaleur murmurée
toutes ces traces traversent nos cœurs d’utiles flèches, chassent l’amer de nos bouches, nous prolongent et la vie à nos corps ouvrent de nouveaux chemins