
L’esprit de la forêt

Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…


On dirait qu’elles se taisent
mais c’est qu’on ne les entend pas
Écoutez
Elles glissent
progressives dans le silence
il n’y a que la distance sous nos pas
un grand espace tout autour
un ciel
Ecoutez
La terre respire encore
elle rebrousse calcinée
les racines frémissantes
le sol relate une histoire
à laquelle nous croyons
Ecoutez bien
pour retenir les mouvements cachés
dans l’immobilité
Leur souvenir repousse fragile
dans nos veines
tiges hautes nous atteignent
de plein fouet
Ecoutez toujours
le déjà là des apparences
le dessous révèle leurs vies
inventaire
d’ombres
dépliées
plissé se fripe un pétale
dans l’air froissé
Ecoutez la pleine peau des plantes
Perle Vallens

Le soleil a perdu un peu de son arrogance
son feu brûlant de bouche sauvage a laissé la place
à une indolence de fin de saison
monté droit au-dessus des jeux de massacre humains
étale sa monarchie absolue sur nos épaules à fines bretelles décalquées
rayonne comme un roi céleste sur son monde et nous minuscules
essuyons nos fronts des dernières suées d’été
Regarde : le crépuscule caractériel
résiste encore de ses rayons plus frais pour nous garder
dans son emprise mystérieuse mi chienne mi louve
sa gueule béante se referme avec les heures effilochées
je sais qu’on en perd le fil chaque jour des minutes tombées
dans l’escarcelle de l’automne à venir
Perle Vallens
#100 jours d’écriture, jour 71