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Scène ouverte, librairie internationale de Marseille avec Poésie in ze city

Un peu à l’arrache, je participerai ce soir à la scène ouverte à l’invitation de Julie, présentatrice de la soirée et de l’émission Poésie in ze city sur radio Galère. Ce sera à 19h30 à la Grande Librairie internationale de Marseille, si vous y êtes, passez ! Je lirai des extraits d’un recueil à paraître prochainement.

Actualité·collectif·concours littéraire·Nouvelle·prose·récit·recueil

La source, récit dans le recueil AMU « A la source »

Chaque année l’université Aix-Marseille (AMU) organise un concours de nouvelles, le prix Robert Fouchet avec le festival Oh les beaux jours ! L’an dernier le thème était A la source. Mon récit La source a été sélectionné et figure donc , en finaliste, dans le recueil édité. Des exemplaires seront disponibles dans les BU et on peut le lire ici.

atelier Laura Vazquez·écriture·photo couleur·poésie

comment nommer

Comment nommer ce qui ne se nomme pas ?

Je souffle sur une lettre pour en faire naître une autre, pour attraper un son qui dise, un signe qui parle

Je dis : exprime-toi
Je demande au ciel
sa couleur
celle du temps ne se prononce pas
elle se dilue dans le cri
de la pluie
la couleur des visages
disparaît

Je dis : exprime-toi
Je demande au vent
son tissage
c’est un secret qu’il ne partage pas
avec moi
c’est un secret pour les arbres
et les plantes
un secret souterrain tracé
dans les graines

Ils se foutent bien du nom qu’on leur donne
Ils préféreraient rester anonymes
et intacts

Je dis : exprimez-vous
mais ils se taisent
ils se confient aux oiseaux
leurs nids de sépulture
sans épitaphe
les forêts parlent
d’une seule voix végétale
minérale
animale
j’appartiens

Je m’adresse à la forêt
Je dis : exprime-moi
dresse un portrait de fumure
de litière
dessinée au fusain d’incendie
la brûlure
du pin je renais
de ses aiguilles
je suis ici
sans nom

Perle Vallens

photo n&b·poésie

Froid

Le froid s’installe dans le corps dans une atmosphère tremblante
dans un ciel soluble
rien n’est suspendu aux branches que ce froid liquide
jusque dans mes ongles
feuilles à terre baignant dans leur jus
dans mon sang
se dégivre un appel long d’années
embrassés le tronc et le lierre emprisonnent
un reste de chaleur

Perle Vallens

Actualité·écopoétique·collectif·exposition·poésie·Revue littéraire & fanzine

Exposition foehn au centre Wangari à Paris

Depuis septembre a lieu une exposition poétique et graphique organisée par le collectif de la micro revue écopoétique foehn au centre Wangari à Paris (porte de Montreuil). Il y a eu un vernissage, des lectures auxquelles je n’ai pu participer mais lors de mon séjour récent pour le salon de la revue, je suis allée me perdre dans cette « forêt » de poèmes, les lire et c’était beau. L’exposition dure jusqu’à la fin du mois, il y aura alors aussi un finissage (je n’y serai pas non plus). Voici un retour en images :

poésie·prose

fin de saison

Frotte l’air, aigrette comme élytre, froissée sa force de fin de saison, pétales grippés, secs, écrasés de vent, une craie bercée ou un fusain, un bruissement de fanaison.

Perle Vallens

Illustration :John Singer Sargent, Dans les oliviers à Capri, détail (exposition actuellement au musée d’Orsay)

photo n&b·prose

Le pire

Je pars des faits.

1. Il y a eu un orage.
2. Il y a eu des inondations.
3. Il y a eu pire.

Plusieurs énonciations possibles renvoient au réel et à son travestissement, comme en témoignent ensuite les annonces au JT, les titres des journaux, les effets de superpositions d’un post numérique, les interviews, les images qu’on imagine fake tellement improbables. Une illusion non choisie, un trompe l’œil qui prend l’eau.

La réalité instagrammée charrie des boues. On voit des véhicules dispersés, des quatre-roues flottant, des personnes perchées sur le toit des voitures. Peut-être hilares pour tromper l’effroi. L’effet serait comique si la catastrophe n’était pas perceptible, en transparence. Ce que l’image ne montre pas, ce que le hors champ, la voix off sont impuissants à crier, c’est la perte de repères. La perte de ses biens, et dans la finitude extrême, la perte de la vie. Parce que certains êtres sont morts, emportés par les courants, ensevelis par des trombes d’eau, écrasés sous des arbres déracinés.

Les pluies diluviennes, une fois l’orage passé, que sont-elles devenues ? Que deviennent les m3 stagnant ? Disparus le lendemain, asséchés si vite que le désastre semble n’être jamais advenu. Hormis les sacs poubelles, les déchets divers, les étoffes éparses prises dans les branchages. Le jour d’après, tout est comme avant, le niveau de l’eau après la montée revenu à celui du jour précédent comme si de rien n’était. Les visages ruisselants essuyés, les vêtements essorés, il faut vider, éponger, balayer, nettoyer, remblayer, reconstruire. Ce qu’on ne peut pas c’est ressusciter.

La déchirure du ciel si vive, si brève, s’est déjà refermée. Sa membrane fine s’est déjà reformée, bleuie, après grisaille informe, après lueur blême. Ce bleu parfait et sans nuages, ce bleu si pur et si cruel. Tout le monde le sait, le bleu du ciel ignore les morts. Et les oiseaux piaillent l’oubli.

Perle Vallens

(poème écrit il y a un moment, réminiscence d’une vague d’inondations)

Actualité·Dissonances·lecture·Revue littéraire & fanzine·Salon de la revue

Lancement de la revue Dissonances au salon de la revue

Le numéro 49 de la revue Dissonances vient de paraître, elle a pour thème l’enfer et on peut la trouver ici ou la commander en librairie. J’y signe un poème intitulé inferno dia.

Le lancement aura lieu le samedi 11 octobre à 18h00 au salon de la revue, Halle des Blancs-Manteaux à Paris. Je lirai en compagnie d’autres autrices et auteurs de la revue. Vous êtes les bienvenus !
NB vous pouvez retrouver ici le programme du salon.