Mardi est paru le recueil Solo aux éditions Tarmac, en voici quelques extraits montés façon vidéo-poème (toujours sur la chaîne youtube Perle Vallens) d’après images glanées sur le net (reportages, émissions tv, web-émissions etc) :
Mois : novembre 2025
Pas encore l’aube

La colline se cache dans l’obscurité, nue et vide, s’éveillera plus tard.
L’aube, pas encore.
La froidure pèle la roche à vif, qu’un lampadaire réchauffe de son halo jaune.
Un arbre étend des branches griffues et inquiètes au-dessus de nos têtes, branlant comme des grelots leur acquiescement. Ce qui sonne surtout, c’est le vent.
Un parfum de sciure et d’humus envahit l’air brun de moisissure.
Nous attendons la percée à venir. Nous attendons la chaleur.
Sous capuche, son visage disparu que l’ombre mange, la lumière éboulée la traverse ou la fuit, comme un œil animal.
On ne voit qu’un faux profil, l’absence de regard, juste un nez qui dépasse d’un vêtement sombre. Les jambes s’allongent. Elles s’allongent démesurément et on ne voit pas leur fin. Les chaussures se dissimulent dans la terre couchée, pieds enterrés à deux pas du cimetière. Aucune prière ne retentit dans le silence mouillé.
Une main semble danser en ombre chinoise sur un rocher. Elle semble creuser d’invisibles cavités à même la couche granuleuse d’argile. On la verrait presque s’émietter.
La route se diffracte sous faisceaux, un tremblement du vent la fait vaciller. C’est le souffle de la nuit. C’est le son humide du matin qui advient. Un flottement diurne dans le noir liquide de la nuit.
Ce n’est pas encore l’heure alors nous attendons encore.
Au loin le ciel s’éclaircit, des nuages rampent, ce sont de serpents menaçants qui crèveront bientôt leur poche d’eau sur nos épaules basses, l’arrondi de notre dos.
Au loin un chien, un enfant, deux jappements mêlés.
Au loin, les phares d’une voiture qui se rapproche sur la route déchirée.
Perle Vallens
Solo, recueil de poésie narrative chez Tarmac

Faut-il aimer son enfant ? Pourquoi et comment l’aimer ? Où se cache l’instinct maternel, dans quelle partie du corps, dans quel espace du cerveau ? Solo est un recueil de poésie narrative, qui suit une jeune mère confrontée à cette injonction d’aimer son enfant et ses difficultés à élever seule son fils. Dans une poésie puissante, organique, Solo alterne courts poèmes incisifs et d’autres plus longs, en prose plus « sociale ». Après Ceux qui m’aiment, Solo est son deuxième recueil publié chez Tarmac.
Parution prévue le 25 novembre en précommande dès aujourd’hui dans votre librairie ou chez l’éditeur.
Hespérie #4

Le quatrième numéro de Hespérie, revue créée par Jean-Marc Feldman, vient de paraître. Je suis heureuse de voir un ensemble de poèmes sur le thème de la ménopause issus d’un (trop court ?) recueil (qui n’a pas trouvé d’éditeur), ainsi qu’une photographie. Merci à Jean-Marc pour son accueil dans les pages d’Hespérie aux côtés de noms appréciés et d’autres à découvrir.
Sur le béton



Là, il y la graine tombée sur le béton
la graine est quelque chose de vivant sur le béton mort
Quelque chose de frêle trouve son chemin, s’ancre, s’implante
Quelque chose cherche sa nourriture dans le béton, creuse profond, s’épuise
Quelque chose a des racines qui se sont glissées dessous
Là, a trouvé une couche sous une couche sous une couche
loin sous le béton mort pour trouver substrat de vie
loin sous le béton mort toute une étendue de terre cachée
et loin au-dessus, le ciel, le soleil, de quoi pousser
Là, a jailli d’un seul coup sur la nappe de béton
Là, le gris est devenu vert
Perle Vallens
Ciné-poème 67 : hurler
Retour aux ciné-poèmes avec pour ce n°67, un court extrait du film Le Territoire des Loups de Joe Carnahan, qui s’intitule donc : hurler.
Bon visionnage !
Au cœur du vert dans Embarquement poétique

Comme chaque année, j’ai répondu à l’appel de Marilyne Bertoncini pour Embarquement poétique, cette fois sur le thème des couleurs. Du vert pour moi, immersion dans la chlorophylle !


