
Le bruit monte de la terre humide de rosée. Elle se creuse de racines et murmure dans le remuement des lombrics. Le bruit de la terre crève les parois vitrées de la chambre et les pensées aussi deviennent bruyantes, extraites de la gangue du rêve.
La lumière coule le long des vitres. Elle finit par y entrer, trois rayons ont transpercé et inondent d’un coup la pièce. Ils claquent contre les murs, les déshabillent, les lavent de leurs ombres, les laissent nus et baignés d’un blanc lumineux.
La chaleur pénètre alors, l’atmosphère s’adoucit, nimbe les corps d’un flottement tiède. Elle fait des bulles en surface et ça sonne -explose pop : une caresse. La chaleur déplie les couches de l’épiderme, pleins et déliés qui s’étalent en cercles concentriques. La douceur parle à la peau en chuchotant.
Ce qui s’invite par la fenêtre modifie la teinte de nos visages, éclaire le regard qu’on pose sur les choses. Elles aussi sont rajeunies par la clarté matinale.
Chaque être est atteint par le plein jour, illuminé, transfiguré.
Perle Vallens