Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…
Auteur : Perle Vallens
Perle Vallens écrit et photographie, deux écritures poétiques qui se rejoignent.
https://perlevallens.wordpress.com/
https://perlevallensphoto.wordpress.com/
Gros coup de coeur pour ce zine qui reprend la forme d’un ticket de caisse et que l’on déroule, et auquel j’ai donc été ravie de participer. En action, prêt ? Dérouler !
Le thème était « traduction ». J’ai donc participé avec le poème Nos langues animales :
Nouveau thème dans la revue Les Villes en Voix, « l’oeil du cyclone », avec des textes puissants, des montages photos, vidéo-poèmes… J’y ai proposé A l’affût, l’œil (le début ci-dessous, à lire in extenso en revue via le lien ci-dessus). Bonne lecture !
Plonger dans le fantasme de l’origine, à la racine, lignes courbes, sinueuses des généalogies, y chercher le rameau porteur comme la branche morte ou la pourrie, se demander de quelle souche l’on provient, de quel bois on est fait. Je compte les secrets comme les cernes sur le tronc, j’y discerne les césures et les erreurs, les pardons à mâcher comme boule de papier. Je mâchonne les histoires de famille, les affabulations à digérer, tout ce qu’il me reste sur le coeur. Je regarde les lignes de ma paume les veines de l’arbre, j’y verrais des signes et ce ne serait que pure invention.
Perle Vallens
*100 jours d’écriture/jour 8 (jours précédents sur les réseaux sociaux seulement)
De courts messages envoyés milli métrage où se devinent les couleurs passées du rouge au bleu sa peau s’écorce sans hache le chasseur suit sa pente au temps du muet
Nouvau vidéo-poème sur une consigne d’écriture proposée par François Bon (Tiers Livre)
Envoici le texte (qui précède toujours le vidéo-poème d’une courte tête (il est rare qu’il s’écrive pendant mais ça arrive, comme pour la série du vidéo-journal à la Laune).
Une voix dans la nuit, ça s’entend plus nettement que le jour. Tu marches dans ton insomnie et la voix te pousse comme une main dans le dos. Toi, rompue de fatigue mais infoutue de dire comment et quand il faudrait que le sommeil arrive, tu marches et la voix accroche les silences, quelque chose de sourd dans le souffle, tu ne mouftes pas, tu l’as reconnue. La voix n’a pas de son. Tu ne peux pas rembobiner le murmure, tu ne peux pas faire de retour arrière vers les mots qui n’ont de toutes façon pas été prononcés. Dans la trachée c’est une contention. La voix enfermée ne sort que si tu l’y autorises et quand même elle est là, elle te défie, tu lui dénies le droit, ça suffit comme ça. Au jeu du dedans-dehors, tu sais bien que tu n’es pas le plus fort, qu’elle finira par sortir et t’encombrer les bronches et peut-être bien la mâchoire si tu annones à ton tour dans le noir, mais alors ce sera par la voix. Toujours dans ton dos même muselée, elle se fait plus douce, façon de t’amadouer. Il faut bien que tu la laisses aller. Maintenant elle te précède, elle cherche à se faire remarquer, tu la verrais à l’œil nu à la lumière des led. Sur le chemin, la voix s’allume, elle grimpe et redescend dans l’ombre. Elle joue à cache cache avec tes nerfs. Tu te dis que la voix et l’insomnie sont de mèche, l‘une ne va pas sans l’autre. Tu sais bien que si tu t’endormais, elle se tairait. Elle se terrait. Petit monstre de voix sous le lit. Mais tu marches et le chemin n’est qu’une chambre intérieure où tu ne peux te coucher.
demain ne suffit pas demain ne dit rien s’estompe entre les lignes ennemies entre les parenthèses absentes des morts (demain) on ne sait pas encore de quoi il est fait de quelle poussière recouvre les décombres de quelle matière mesure les démembre ments les chairs et l’ossature demain ne reforme aucun corps les peaux éparpillées aucun manteau sale du jour plein des avanies de la veille les regards vides de toute eau du matin aucune pluie ne vient les remplir aucune larme ne se perd plus dans l’abandon des siens la patience ne suffit pas à faire émerger un nouveau pas demain boîte du mauvais côté celui des carcasses entassées demain se laisse écraser sous les bombes tombereaux de déploration sans futur re présentable