Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…
Auteur : Perle Vallens
Perle Vallens écrit et photographie, deux écritures poétiques qui se rejoignent.
https://perlevallens.wordpress.com/
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Etudiante depuis septembre 2024 en Master de création littéraire écopoétique d’Aix-Marseille, j’ai participé au Prix Écriture et Création « Robert Fouchet » 2025, organisé par l’université et le Festival Oh les Beaux jours ! Cette année, ce concours ouvert aux étudiant-es avait pour thème « À la source ». Une étudiante en deuxième année du Master, Clémence Lebon, est deuxième, bravo à elle ! Pour ma part, je suis parmi les 10 finalistes et j’en suis ravie. Les dix textes devraient figurer dans un recueil édité par l’université.
Le recueil En échos a été écrit en Master de création littéraire écopoétique d’Aix-Marseille sous la direction de Bérengère Parmentier dans le cadre d’un séminaire passionnant avec plusieurs intervenants. On peut le télécharger et le lire ici.
J’ai écrit un texte choral, multiscalaire entre grotte et crues d’Ardèche. Il s’intitule Voyage en terre profonde. Il y a de très beaux textes de la part d’étudiants de M1 et M2. Bonne lecture, si le cœur vous en dit.
On bricole avec la peur au fond des ventres le frisson sur la peau s’écorce flétrie son rideau plissé pelure d’or d’une fin de journée la fébrilité des ombres et leur tressaillement une terreur grandeur nature je devine quelle arme utiliser pour soustraire le superflu depuis le feu du jour
on ritualise l’aventure du cac 40 en scrollant nos avances sur capital plus value et à valoir sont dans un bateau celui qui tombe à l’eau se noie sous un flux de liquidités factices ceux qui réinventent la valeur quotidienne de l’argent dévaluent nos vies trouvent dans l’inflation un facteur bénéfique tressaillement premium du sourcil gauche sous la paupière
L’année dernière et celle d’avant, j’ai participé avec grand plaisir au festival de la Velouse à Charly. Cette année, les subventions ont été coupées à peine trois mois avant et tout le travail effectué en amont par les organistateur-ices réduit à néant. C’est un exemple de plus parmi tant et chercher à créer soi-même un événement artistique relève d’un parcours du combattant pour la recherche de financement. Bref, je devais participer à nouveau et voici les proposition qui ne seront pas exposées :
Sur la base d’un texte écrit sur consigne boost avec le Tiers Livre de François Bon, voici aller, vidéo-poème (images de fin d’hiver/début de printemps dans la Drôme).
Aller. Aller à son rythme, de ruisseau avant rivière, de rieu fin, grossi des pluies de printemps, son flux a forci et frétille d’écailles, de caresses nouvelles, de course haletée à nos peaux humides. Aller au lavage des corps d’après saison et cellules mortes, aller à raviver.
Aller à revers, prendre la vie par ses manches, les extrémités de ce qui nous couvre l’hiver, finir par se dévêtir, exercer la peau à son exercice de printemps, exhiber l’orteil et les soies vibratiles, ouvrir la paupière et hausser le sourcil, regarder en l’air et le nez vers l’avant. Aller musarder à l’oreille, les bruissements sous la terre, l’éveil progressif, plantules Aller à l’avant du navire, prendre les jaillissements comme embruns, les forces et les douleurs, les chants et les gémissements, aller au bain d’écume de tout ce qui surgit de bon et de mauvais, sans faire le tri, aller aux émotions comme une pêche miraculeuse et sacrée, se laisser submerger, se laisser aller à la noyade, boire la tasse et remonter à la surface, non intact mais renouvelé. Aller au geste ultime et merveilleux, aller aux profondeurs et à l’intime, aller à l’autre et devenir autre. Aller loin et revenir.