A l’invitation du LABservatoire et avec un peu de retard…

Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…
A l’invitation du LABservatoire et avec un peu de retard…


Quelle formule d’humain sait dire la longévité des pierres
l’accalmie minérale repose dans l’âge des lichens et leur aptitude à digérer lentement la surface comme on ronge l’attente
Quelle vocalise d’oiseaux déserte nos gorges
rouges d’avoir trop crié au loup sans être entendu
d’avoir émaillé le milieu du monde de nos espoirs bien décidés
à emprunter son chant à celui son effort continu jusque dans la nuit
Quel lien retient la mousse des forêts au bord des lèvres
quels mots fomentés leurs ferments lents pour dire une ère disparue et une autre à venir
une ère flashée au radar de nos peurs pour trop grande vitesse
dans le largage des gaz pour changement d’échelle dans nos regards
l’angoisse ne dit pas son nom c’est dire sa multitude d’identités
et sa duplicité
Perle Vallens


Ce nouveau vidéo-poème est un clin d’oeil indirect à David Lynch, ainsi qu’à Maggie Nelson (son amour pour la couleur bleu, son livre Bleuets).
Dernier jour de résidence au Quinson. Quelques insignifiantes d’ici : millepertuis, centaurée, brunelle, vipérine, clinopode.














Ce matin, la brume nimbait les alentours, arbres, plantes, jusqu’aux collines et montagnes, jusqu’au rocher de Saoû.
C’est ce jeudi à 20h00 à Francillon sur Roubion, à côté de Saoû et à environ 15 minutes de Crest. Si vous êtes dans la région vous êtes les bienvenus !

Ce nouveau poème a été écrit et lu sur un extrait de cinq pièces faciles (five easy pieces) de Bob Rafelson. Vous pouvez le voir, comme toujours, sur la playlist youtube « ciné-poèmes ». Voici le début :

Il me parle. Il me dit de toujours m’enfoncer plus loin, dans la morsure de l’air. J’ai confiance en lui, je le suis. Il m’apaise et me plie à sa direction sans que je me sente obligée de rien, ni de le suivre, ni de rebrousser. C’est chaotique et caillouteux mais je le suis. L’impression rampante de glisser, de flotter au-dessus. Je n’ai pas peur. C’est lui qui me fait ça, et le murmure de la rivière en contrebas, et le chant des pintades. L’eau devant, figée, me souffle le froid qu’il fait. Elle est encore gelée et, à l’endroit où sa surface se froisse, ça fait comme un sourire. Plus loin des feuilles d’érables jaunies tombent en tourbillons et le tapissent à mesure que je passe. Je m’arrête et je les regarde longuement. C’est un or hypnotique qui le pare et qui me fait continuer. Là, le chemin plonge et je déboule sur lui, sans me tordre la cheville. Ce qu’il me fait : me sentir vivante. Il génère une énergie qui s’était endormie depuis la veille. Il me régénère.
Je peux te suivre longtemps, je ne fatigue pas. Je contourne tes plaques de boue, tes flaques gelées mais c’est pour mieux coller à la sente, la plante de mes pieds à tes empierrements, la glaise qui macère sous tapis de feuilles, terre tassée-soulevée qui respire sous mes pas. L’espace délaissé par la mélancolie se charge d’humus et d’odeurs vivaces qui m’imprègnent, plus animale de te parcourir. Si tu es litière, je suis bête plus lourde de t’appartenir, pleine et renforcée. Dans l’appui, à même toi, je déroule ma bipédie comme si je progressais à quatre pattes, mon ventre à ton humide soleil, mes flancs à ta fente creusée, soulevée d’éclats de calcaire et tapissée, herbeuse, de glands et de pommes de pin. Bête parmi les bêtes, vois ce que tu fais de moi, griffes et poils, croquant le gel du matin.
Perle Vallens
(écrit avec les ateliers d’écriture de Laura Vazquez durant la résidence d’écriture au Quinson, à Francillon sur Roubion dans la Drôme)
Depuis lundi, en résidence au Quinson dans la Drôme. Pleine campagne, au calme pour écrire sur les Insignifiantes, je partage quelques photos ici…




