Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…
Auteur : Perle Vallens
Perle Vallens écrit et photographie, deux écritures poétiques qui se rejoignent.
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On s’était diapasonné une dernière fois le pas sur le pas de l’autre trouver le rythme de l’ardeur et du désir On s’était arrangé pour s’agiter dans la moiteur conventionnelle d’un coït qui revient de loin. On s’arrangerait pour plonger davantage, pour prolonger les épithètes et les formes non verbales, les hypothèses plausibles d’amitiés amoureuses. Il y a de quoi parier sur des prolongations horizontales, sur des temporaires qui s’agencent, des potentialités à moyen terme et ça me colle des frissons progressifs, directement programmés à une date ultérieure. Je bloque toute effusion dans l’écluse de mes lèvres. N’empêche, les dents du sourire sont de plomb, d’un bonheur noirci sans savoir de quoi.
Ça dit oui, ça dit go mais quelque chose freine dans l’élan qui pèse plus que les bagages sur le quai de gare et dans les bras qui pèse plus que les jambes elles-mêmes à l’arrêt sur le même quai et ce rer qui n’arrive pas dont on hésite à préférer qu’il vienne ou ne vienne pas et si une grève inopinée non souhaitée et non souhaitable mais quand même quelque chose freine le départ J’ai dit oui j’ai dit go et le train affrété soudain ça fout le cafard alors que l’instant d’avant d’un coup je me sentais prête et pressée de rentrer et les rails apparus comme un horizon possible à longer du regard dans ce sens qu’on dit bon par excès de méthode coué à parcourir jusqu’au bon emplacement celui qu’indique le billet dématérialisé trop souvent éteint dans la lumière trop souvent terne d’un smartphone qui ne reçoit aucun message Je sais par cœur le trajet mais s’espacent les conditions du retour entièrement dissoutes dans les hypothèses du voyage inverse bien sûr je reviens bientôt et qu’est ce que ça change dans cet incontournable devoir rentrer et dans ce vertige de cette salle trop haute de la voiture 7 dans l’instant saisir la rampe pour éviter de chuter tomber à la renverse est un souvenir ou un rêve alors qu’est ce que ça change dans cet interminable à moins de sombrer dans le même interminable sommeil et de rêver que je tombe à la renverse Être renversée c’est oui ou ja dans l’allongement caressant on en redemande du renversement le corps et la tête à l’envers et ne pas se redresser trop vite mais rester renversée, se laisser traverser par toutes la palette des émotions, comme tout un paysage qui défile sur la vitre d’un train, cet effet d’accélération on sent bien ce que ça fait dans l’échine, la vitesse du train son effet sur l’accélération des émotions, leur circulation dans le sang, leur effet dopant et addictif, on n’imagine pas à quel point on devient accro à la grande vitesse des sentiments.
Ça dit oui, ça dit go mais quelque chose freine dans l’élan qui pèse plus que les bagages sur le quai de gare et dans les bras qui pèse plus que les jambes elles-mêmes à l’arrêt sur le même quai et ce rer qui n’arrive pas dont on hésite à préférer qu’il vienne ou ne vienne pas et si une grève inopinée non souhaitée et non souhaitable mais quand même quelque chose freine le départ
J’ai dit oui-go comme ouija et le train affrété se peuple soudain de fantômes et soudain ça fout le cafard alors que l’instant d’avant d’un coup je me sentais prête et pressée de rentrer et les rails apparus comme un horizon possible à longer du regard dans ce sens qu’on dit bon par excès de méthode coué à parcourir jusqu’au bon emplacement celui qu’indique le billet dématérialisé trop souvent éteint dans la lumière trop souvent terne d’un smartphone qui ne reçoit aucun message
Je sais par cœur le trajet mais s’espacent les conditions du retour entièrement dissoutes dans les hypothèses du voyage inverse bien sûr je reviens bientôt et qu’est ce que ça change dans cet incontournable devoir rentrer et dans ce vertige de cette salle trop haute de la voiture 7 dans l’instant saisir la rampe pour éviter de chuter tomber à la renverse est un souvenir ou un rêve alors qu’est ce que ça change dans cet interminable à moins de sombrer dans le même interminable sommeil et de rêver que je tombe à la renverse
Être renversée c’est oui ou ja dans l’allongement caressant on en redemande du renversement le corps et la tête à l’envers et ne pas se redresser trop vite mais rester renversée, se laisser traverser par toutes la palette des émotions, comme tout un paysage qui défile sur la vitre d’un train, cet effet d’accélération on sent bien ce que ça fait dans l’échine, la vitesse du train son effet sur l’accélération des émotions, leur circulation dans le sang, leur effet dopant et addictif, on n’imagine pas à quel point on devient accro à la grande vitesse des sentiments.
Quelle cause plaider qui ne ploie sous le joug de l’indifférence, genou à terre, quelle pitié interrompt la langue étrangère qui se parle à l’intérieur des têtes, qui se dit des histoires et s’invente des vies, contre quel regard buttent ces vies, le long de quelles interrogations, de quelles insistances qui pèsent sur les existences. Celle qui marche dans son jardin privé n’en sort que pour cueillir un sourire véritable. Ni compassion ni mépris mais quelque chose de tangible qui rend acceptable sa présence sur terre et la préserve de tout un monde dont elle sait devoir s’absenter.
Marche minimale dans les généalogies et les sentiers ombragés, la forêt sèche et rocheuse, estompée de lumières d’enfance, coulisse son rideau de feuillages et c’est une parure odorante qui me couvre. Une caresse quand bien même le vieillissement de la peau, soleil oblique, intimidé par la pénombre moussue de chênes et de pins, humide présence vivante.
J’accède ainsi sans rien faire, sans rien exiger, à certains miracles qui ventilent les émotions. Je ne compartimente pas. Je laisse venir, je me submerge. Le paysage m’est éblouissement, m’est accalmie jusque dans le dos lourd, et le genou douloureux, jusque dans la cheville fragile, jusqu’au fond du ventre tendu d’absence. Et cela semble suffisant pour éloigner les peurs.
J’apprends à manier la langue comme on brandit un tison les idiomes des amants pour brûler les bouches arrachées à leurs socles d’impatience.
On danse et on fait danser les mots on terrasse chaque absence dans les tiges renouvelées d’incantations hybrides d’herbeuses confidences croisement textualisés des désirs et d’émotives manifestations humorales.
Dans l’insomniaque mâchoire se crispent les attentes et crochetées dans les flancs les charnières des portes qui se referment quelle perspective garder aux chevelures raréfiées ou blanchies quelles cadences entre les pas mesurent l’espacement et les silences dans l’avancée en âge l’impression d’un orage éteint pourtant la main sur le cœur à ouvrir et largesses de ce qui reste à offrir s’étagent depuis la poitrine jusqu’aux lèvres.
Il y a eu des sons-et-lumières au fond des yeux j’allume un reste d’étincelles et ça ressemble à un bye-bye brillant de pétard mouillé de quoi faire rouiller le regard qui se roule un dernier joint au fond du bleu au fond de la blondeur au fond d’une main qui est déjà ailleurs.
Je pourrais fredonner un avec-le temps-va dans ce gris de circonstances je pourrais rejouer en matinale les scènes interrompues et ça ferait un drôle de couloir lumineux un feu clignotant prêt à s’embraser à moins qu’il ne s’éteigne ce qui vacille c’est le corps une flamme de luciole en voie de disparition.
Je tâtonne toujours entre besoin et désir cette torsion du langage auquel on fait dire toute autre chose comme se laisser chavirer ou submerger jusqu’où je compte me noyer comme ça ? et à quelle température gèle un cœur entre chien et loup ?
Just a perfect day s’espère, puis s’éconduit, se reconditionne dans son étui du lendemain, dans son recours au lendemain, ce mauvais esprit qui prône que c’est un autre jour. Ni meilleur ni pire, ou bien, quoi ? Ce qu’on prise est-ce aussi ce qu’on prie, ce qu’on capte dans le recueillement du regard, qui réussit à aplanir les aspérités, à modifier les perceptions. L’intensité se caresse de loin, c’est un paysage estompé sur lequel on souffle en espérant secrètement qu’il se rapproche. L’élément narratif qui fait que l’on donne sa chance à la nuit. On imagine une forme d’instabilité, et ça pencherait du bon côté de la balance, on se jouerait la scène, on limiterait la casse. On accepterait ce rôle tout compte fait taillé sur mesure. L’image colle à la peau. Faire semblant est une possibilité. Engager sa responsabilité nous vaut un selfie artificiel, ce reflet au miroir bien encadré entre le satisfecit salvateur et l’imaginaire secouriste. Mais adhésion à court terme dans l’attente d’autre chose, des potentialités du lendemain, l’étendue poreuse de l’aube depuis l’heure du désœuvrement. J’attends que s’éventre ce lac de retenue à irrigation immédiate. J’attends juste de me sortir de moi, me faire prendre l’air, me sauf-conduire jusqu’à demain.
Je n’en finis pas de savoir, et pourquoi cette densité là m’éreinte, pourquoi s’apparente t elle à une perte ? Et pourquoi la mélancolie comme retour de bâton de la joie ? Celle là même qui je garde intacte, au chaud pour plus tard, ne pas la dilapider, la cacher, pourquoi ? La pluie qui ne vient pas, qui ne vient rien gâcher, qui ne fera aucun dégât sur la tranquillité apparente, reste suspendue au bon vouloir du ciel, et se perd en nuages hauts, en conférence gesticulée sur l’art d’ombrer les fleurs, cette insuffisance solaire pour une fois bienvenue et cette solidité du cœur en écho avec celui des rudbeckias. Passage à gué des guérisons lentes, montée des eaux d’un hier à hauteur de Seine, je me dis pas loin du fleuve, au moment où je coule un peu plus dans le jaune des pétales.