Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…
Auteur : Perle Vallens
Perle Vallens écrit et photographie, deux écritures poétiques qui se rejoignent.
https://perlevallens.wordpress.com/
https://perlevallensphoto.wordpress.com/
Il y a quelques temps, nous avons exploré des hôtels, comme hôtel de tous les hôtels, fictifs ou réels. C’était une proposition de François Bon en clin d’oeil à ean-Philippe Toussaint. Plusieurs textes sont ainsi nés et viennent d’être regroupés sous format livre disponibles sur la boutique du Tiers Livre (et sur amazon).
Pour ce 70ème ciné-poème, j’ai choisi le film du réalisateur coréen Park Chan-wook, Old boy. Il s’intitule Un secret qu’on préfère oublier. Bon visionnage !
Je serai ce mardi 24 février à la Mine d’art à Dieulefit dans la Drôme pour une nouvelle session (la première me concernant) des Mêlées poétiques. La scène ouverte est prévue à 20h00. Au plaisir de vous y croiser !
surgit aussi dans l’angle de l’éclairage de la rue à vif comme pelée par l’ombre, l’aveuglement trop blanc surprend dès qu’on emprunte l’avenue large qui semble sans fin jusqu’à la bifurcation, le pont hérissé d’aboiements, le chien jaune et le noir aux yeux dorés, sans dévier le tracé jusque dans les branchages, la sauvagerie faite bois et feuilles qui frôlent les visages en retombées alors on slalome dans le venteux et le pluvieux même parfois, un jalon puis l’autre dans la pierraille on avance et on atteint presque au but, la croisée des chemins, la triple ouverture vers les champs à perte de vue à l’endroit précis où trois cours d’eau se rejoignent dans la multitude crépitante et les bourdonnements, les élancements ligneux et les hautes herbes, leur balancement dans le mistral qui souffle à l’oreille la rudesse des plaines et les froidure des ruisseaux, que faire d’autre sinon resserrer l’écharpe autour des jours et du nez qu’on sait rougis, les épaules arrondies, les pieds crochètent le sol dans de grosses chaussures de randonnée qui pourtant laissent passer l’air glacé, mais avancer quand même pour la respiration et pour l’émerveillement qu’on imagine au fond d’un fossé ou dans les hauteurs d’un arbre, sinon dans le ciel nuées d’oiseaux qu’on dit murmurations, leur retour piaillant dans les nuages qui font vibrer une impression de printemps et qui plus loin se poseront dans les buissons épineux de garrigue, dans des bosquets d’olivier, alors j’avance, je continue d’avancer avec la perception vivace et invisible que quelque chose est là, qui attend son heure, qui survit à l’hiver, qui demande à émerger dans le jaillissement prochain des bourgeons, des premières fleurs d’amandier quand déjà le mimosa ses premiers ors, son embardée d’embellie, quand déjà les violettes ont percé partout les talus hauts, les bordures des chemins et les sous-bois, quand déjà je me penche sur elles, défroissées-fraîches couvertes de gouttelette d’eau d’après l’averse, je vois rien de renfrogné dans leur port de tête à ras de terre, frottées et glaiseuses dans les remugles d’humus et les remontées des nappes, leurs débords pollués, leur vomissure, l’instant de crue maigre qui séchera dans l’instant au retour du soleil qu’on voit déjà poindre, un soupir juste là
La revue Lichen a 10 ans ! Dans ce numéro spécial anniversaire, un beau sommaireauquel j’ai le plaisir de me joindre avec un petit grain « végétal » et le poème Lichen to lick. Bon anniversaire à la revue et bravo à Nadège Cheref et Elisée Bec, l’actuelle et l’ancien responsable de la revue.
Un clin d’œil à Julie, l’animatrice de l’émission Poésie in, ze city sur Radio Galère et à l’occasion d’une nouvelle scène ouverte à la Grande Librairie Internationale de Marseille ce soir : voici un poème de Barbara Köhler lu en allemand, tiré du recueil Deutsches Roulette (trad Roulette allemande, L’Extrême contemporain).
Rêche ridée grevée de taches comme grêlée boursouflée la peau plisse sur le dessus de la main parcheminée on pourrait lire l’âge et l’histoire dans les sillons celle d’une terre retournée à mains nues on pourrait compter les années de labeur dans ses doigts gourds tordus grinçants aux ongles noircis ayant crocheté tout l’été par habitude phalanges jouant des coudes pour déjouer la vieillesse qui déjà et depuis longtemps s’incruste jusqu’au préhenseur qui peine à prendre ses désirs pour des réalités non consumées d’arthrose jusqu’à l’auriculaire menacé de surdité la main craque de tous ses os