atelier Laura Vazquez·écriture·photo n&b·poésie·vidéo-poème

ce que tes yeux emprisonnent

Rappelle toi, tu étais là toi aussi 
tes yeux étaient là, ils ont vu 
ras les cils ce qui s’infiltrait d’insupportable 
tes yeux n’ont rien dit de l’effroi 
ils sont restés silencieux 

Je sais très bien pourquoi et je vais te le dire
la pluie du déni les a lavés 
chacun des deux yeux visibles 
et de tous les autres yeux 
de ceux qu’on a à même la peau 
ou sur le bout de la langue 
chacun a chassé l’image passée sous silence 
le reflet visible et invisible chaque effet de nos désertions
nos yeux à tous restés intouchables 

Toi et moi tirons au sort nos regards 
captifs des illusions 
quelque chose chante dans le nerf optique 
quelque chose qui berce
que fait germer la lumière 
et ça nous pousse à l’intérieur nous sort par les yeux 
et c’est une clarification soudaine 
chaque situation nouvelle 
couchée dans le regard jusqu’à l’éveil 
jusqu’à sa révélation nécessitera un relevé de paupière 

Es-tu conscient de ce que tes yeux emprisonnent ?

Perle Vallens

Actualité·Editions la place·photo couleur·photo n&b·photographie·prose·récit

peggy m., photo de couverture

Certaines personnes se sont interrogées sur la photographie de couverture (signée Perle Vallens) de peggy m., elle n’est pas gratuite, sans signification. Sa raison d’être se dévoile dans le récit.

L’oyat (ammophila arenaria), également nommé jonc des dunes ou roseau des sables est une plante vivace qui pousse en terrain sablonneux grâce à un système racinaire très profond. Elle joue un rôle important dans la formation et la fixation des dunes. Elle a aussi son rôle à jouer dans peggy m.

Au dessus, des herbes sauvages, joncs des dunes, roseaux des sables.
Autrement dit la vie.

Actualité·Editions la place·prose·récit

peggy m. est paru aux éditions la place

peggy m. récit choral et poétique est arrivé !

peggy m. est une adolescente dont la vie bascule après sa rencontre sur Internet d’une autre peggy m. morte vingt ans plus tôt.

Inspiré d’un fait divers, il y est question d’identité, d’enfance perdue, de peur, de joie et de malheur, de jeunes filles qui croisent le méchant loup du conte, de monstres, de fantôme, … sur fond d’addiction aux écrans.

Paru aux Editions laplace il peut être commandé et acheté dans votre librairie, à la librairie Wallonie Bruxelles ou sur son site (qui peut également vous l’envoyer), dans toutes les librairies de France et de Belgique, ou encore sur le site des éditions la place.
En vente également bien sûr et en lecture le jeudi 16 mai à 19h00 à la librairie Orange bleue.
peggy m. a encore été présentée à la médiathèque d’Aigues-Mortes (aux côtés d’autres de mes livres) le 21 mai et sera en dédicace au marché de la poésie le samedi 22 juin à 16h00 sur le stand de la librairie Wallonie Bruxelles qui a la gentillesse de m’accueillir à cette occasion.

80 pages /12×17 / 13 €

feuilletons ensemble…

photo-poème·poésie

Baiser (une idée de)

Bouche camouflage au bord du rouge un message caché tient dans une seule phrase
sauras-tu le déchiffrer de tes propres mots mis bout à bout suffisamment de longueur pour ceindre le tour de ma taille
cherche ma bouche de midi comme trésor sans piste balisée comme zénith d’un désir à répétition qu’on se repasse de main en main qu’on se répète électrique
ma bouche scannée à ta bouche renouvelle son paysage en revisite de courtoisie en partage de parties communes d’une langue à l’autre faire l’état des lieux
d’une virgule changer la ponctuation rallonger la longueur de la phrase ajuster la logique du plaisir
le baiser désigne les lèvres comme principe d’action réciproque et osmotiques les salives échangées

Perle Vallens

atelier Tiers Livre·écriture·prose

18 secondes

Ce que peut le décompte. 18, 17 16… Ce que montrent l’enchaînement dérushé, les tonneaux, les sensations, la fugacité de l’instant, son caractère tangible et irréel à la fois, la force de son évocation. Et le regard qui se perd dans des profondeurs. Du personnage ou de l’acteur ? Lui, si cela lui est déjà arrivé, quelle densité, quel effroi en cet instant ? Ce décompte il le connaît en partie. Il y a eu les répétitions. Il connaît son texte par cœur. 15, 14, 13… N’a jamais vu sa vie défiler pour autant, ses vies fictives prennent toute la place quand le moteur tourne, se substituent à la sienne. Il n’existe pas dans ces moments-là, il n’est que faire-valoir, monologue de théâtre, sourire de carton. Il n’est que fuite. Il est quelque part en dehors de lui-même. Il se regarde comme s’il était un autre. Le corps du cascadeur prend sa place, il se superpose à son propre corps. Où flotte son corps dans l’intervalle, où dérive-t-il ? 12, 11, 10… Ce qui arrive, ne lui arrive pas à lui mais à un succédané de lui, un remplaçant à qui souffler le texte. Les mots se heurtent dans sa tête à d’autres mots. Il dévie un temps de la scène à jouer qui ne se rejouera plus. Le silence atteste d’une posture de fossoyeur, celui du temps à rembobiner. Avance, avance et compte, murmure la caméra. Et la bobine montre le chemin, se défile, se déroule. 9, 8, 7… Tout est dans le regard dit-on, et la voix-off parle plus fort que lui. Sa voix n’est pas vraiment sa voix, elle dit ce que dit, ce que pense le personnage. Mais lui, où est-il dans tout ça, dans quelle peau, dans quelle histoire ? Les mots s’impriment sur la piste audio et s’effacent instantanément de son esprit. Les mots restent seuls, sans la voix pour les porter. 6, 5, 4… Il y a une variable d’ajustement dans le temps de l’action, c’est ce à quoi il pense, lui, l’acteur, pas le personnage. Est-ce que ça se verra sur le film ? Est-ce qu’il faudra tourner à nouveau la scène ? Est-ce qu’il faudra couper au montage son regard vague, son sourire évanoui, plus vrai que nature ? 3, 2, 1… Coupez ! On la garde.

Perle Vallens

Inspiré de l’extrait de l’accident dans Les choses de la vie de Claude Sautet, dont existe aussi un ciné-poème.