ciné-poème·poésie·vidéo-poème

Trébucher sur l’aiR Nu

Après ce chant de caresse, voici Trébucher, une nouvelle création sonore et visuelle pour le site l’aiR Nu/rubrique c’est entendu, un vidéo-poème, et même un ciné-poème puisqu’imagé par un extrait des Temps modernes de Charlie Chaplin sur les sons 39, 49, 65 de la sonothèque du site. c’est très court, ça dure 30 sec et c’est à voir en suivant le lien de l’aiR Nu.

atelier Laura Vazquez·écriture·photo n&b·prose

Découragement

Maintenant je ne suis que ça : découragement.
Depuis la cage de mon squelette, le découragement résonne et sa voix est acouphène. Tu gémis, me dit-il. Tu ne fais que gémir, tu ne sais plus que ça. A la place tu devrais taire la douleur. Ta fatigue, donne-la moi, elle me nourrit. Contente-toi de toi. Le vide te restreint, c’est plus facile. Dis-toi que tu n’es rien, ça va passer. Contente-toi de cette patience à vivre car rien n’est jamais résolu. Contente-toi.
Mon découragement me décourage moins vite, moins longtemps si je lui abandonne le choix. Je me mets en veille, en retrait, je fais abstraction.
Tu vois, mon découragement, je gémis moins, c’est pour te faire taire.

Perle Vallens

photo retouchée·poésie

Captcha

Captcha qui fait de moi 4 véhicules à moteur 
ou 3 arbres ou 5 panneaux indicateurs
La couleur de mon identité est rouge comme un camion de pompier
ou bleu comme un ciel sans nuage 
Sélectionnez l’image correcte 
Captcha à valider 
quel réflexe quel effet de lumière contourne le défaut d’authentification
de différenciation d’un humain qui aurait perdu son corps
qui l’aurait égaré entre le pouce préhenseur et l’index qui swipe
Non, je ne suis pas un robot 
Non, je ne suis pas un imposteur numérique
Là où je suis des racines poussent
et le vert devient plus vert que des milliers de pixels
sans oxygène
Perle Vallens

photo n&b·poésie

Plein hiver

on empilerait nos bras
comme branchages pour l’hiver
on réactiverait la circulation dans le sens
inverse des tristesses
en reflux refoulées loin
on ferait revenir la joie
on l’épinglerait au corsage
piqué d’ongles tendres
là où percutent des brassées de printemps
on frapperait nos poitrines du sceau
de terre fraîche de coquelicots d’une braise
nouvelle comme une lune brève
dans un ciel déjà d’été
on éluderait les vides remblayés
comme on réduit l’espace
entre les criques de nos corps
on blanchirait toutes les opportunités
on se verrait fondre à l’œil nu
flaque de toutes nos neiges
on se verrait respirer sans abîmer
nos paysages

Perle Vallens