

Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…






J’entre dans 2024 comme un enfant trépignant opiniatre
un enfant gâté avide de vie pure de vivacité
d’intenses balancements entre je et nous
d’ivresse sans gueule de bois du jour d’après
j’entre dans janvier comme un déjà vu pourtant
déjà ressassé tant de débuts qui ressemblaient à des premières fois
mais visage fake de nouveauté de repartages d’images instagrammées
tant de fois déjà ce décompte des jours
l’agenda vide au fond du ventre
et le cœur battant ses semaines au galop
éperonner comme on épelle chaque lettre de l’attente
et de l’espoir resté intact
Perle Vallens

Rien ne frotte
Aucune étincelle d’aucun silex
aucune flamme ne naît des braises déjà soufflées
Le feu est là quelque part mais ne se réveille pas pour faire brûler
et ce qui ne brûle pas s’éteint
Rien ne murmure rien ne chante
la voix a disparu
la bouche de la voix a disparu
le visage de la bouche de la voix a disparu
Il n’y a plus de vent assez fort pour la porter
Il n’y a plus de marée pour me nourrir
plus de lumière pour me guider
dans l’horizon plus de montagnes à escalader
tout est plat à perte de vue
Il n’y a plus de chemin où poser mes pas
la route prévue a été coupée
chercher revient à ne pas trouver
se pencher dans le vide revient à tomber
Perle Vallens

sur un horizon bas de gamme
nous défleurissons
précocement tombés dans l’âge adulte
des joues débordées par le désir
la langueur et la mélancolie
la morsure du dimanche soir
promotion sur les lendemains qui déchantent
deux jours pour le prix d’un qui vaille la peine
c’est comme dire un tiens vaut mieux que deux tu l’auras
nous cumulons les mauvais choix par crainte
de ce qui crépite au fond d’un lit
c’est le caractère d’urgence
irréversible
ce qui démange nous jouera des tours
ce qui se digère mal au fond c’est le prix à payer
d’une sueur inconnue
cet autre je qui nous est étranger
Perle Vallens


Acharnement à vivre est le 41ème ciné-poème écrit sur un extrait de La leçon de piano de Jane Campion. Je vous en souhaite une belle découverte.
Dans la perspective de regrouper textes et photos sur la même interface, à savoir ici, j’ai regroupé presque toutes les séries et les thèmes photographiques accessibles dans l’onglet déroulant accessible depuis la page d’accueil (voir la capture ci-dessous) ainsi que via Perle Vallens Photographie puis cette page. Un peu de rangement avant suppression de l’espace initialement dédié à la seule photographie.

Il y a un peu plus d’un an paraissait ceux qui m’aiment aux éditions Tarmac. En voici un extrait sur montage vidéo d’archives sur le thème de la course. Ce qui en fait un peu un vidéo-poème…



corps qu’on dirait sanglé exsangue
chair emboutie jusqu’à l’os embossée tremble
chair innervée de vie mais mal ravitaillée par corbeaux d’insomnie
mal nourrie chair dénutrie à teneur aigre de ferraille
chair dissoute dans l’acide d’un sang noir métallique
secrétant des billes comme des soleils surgis en pleine extinction
des brûlures dans les membres innervés de vers grouillants
membres comme amputés pourrissure de bois scié qu’on dirait chiures d’insecte
de quel cocon s’évertuent à venir me grignoter
chaque section alourdie chaque cellule dispersée
l’éclatement observé à la loupe distinguerait l’anomalie
l’œil scrute et scande
l’œil défigure lambeau par lambeau lave de bleu les apparences
l’œil inverse l’impression d’un vertige d’une gesticulation d’un visage double je
malmené de bris de verre de brindille sèche
je crisse et je tout entier crie pour expulser ses eaux usées par la bouche
décharge à ciel ouvert de pluies acides
on dirait la nuit partout tout vibre encore dans le noir
la peau pulse ne sais combien par minute peau de pierre ponce
blanchie par l’éclat led d’une ampoule trop vive lumière qui gâche le grain
l’épiderme se troue et boit tout ce qui pourrait déborder
la peau se brouille craquelée écorce rongée brunie
vieille peau flétrie se débrouille mal avec l’ombre qui rampe et recouvre
ses serpents grimpent gravitent tout autour dévorent
c’est un enfouissement une disparition dans les mains serrées des regrets
vivante mais
peut-être déjà morte
Perle Vallens
avec la mise en page, si jamais wordpress ne respecte pas, comme cela arrive parfois…
