La matière noire est le nouveau thème du Jeudi des mots poue ce mois de septembre, manière d’anthologie ouverte aux poèmes, dont c’est ici le quatrième volet. J’y participe avec un des mots et des photos.



Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…
La matière noire est le nouveau thème du Jeudi des mots poue ce mois de septembre, manière d’anthologie ouverte aux poèmes, dont c’est ici le quatrième volet. J’y participe avec un des mots et des photos.



Et un poème graphique pour dire au revoir, un de ceux exposés durant cet événement estival du Cher.

La foule végétale est un texte écrit d’après consigne d’écriture proposée par Laura Vazquez. Il paraît dans le dernier numéro de la revue Miroir.


Ça commence entre chien et loup, ce moment où la lumière s’émousse doucement. L’ombre bleue survient progressivement. Elle envahit d’abord la terre, les arbres. Elle se dessine en nappes, en nébuleuse un peu floue qui recouvre ce qu’il reste à voir. C’est le moment où les yeux se plissent pour distinguer encore quelque chose dans l’obscurité. Pour s’habituer au noir. Elle s’avance à son rythme, s’étend, se répand. Elle repeint. S’éternise. Le paysage se brouille dessous, puis disparaît. Toujours ce mouvement lent, comme ralenti, suspendu, surprend par sa radicalité.
On dit qu’elle tombe mais c’est faux, la nuit noie.
Perle Vallens
C’est chez les frères Coen que j’ai puisé l’extrait de ce 33ème ciné-poème. Su un extrait de Barton Fink, voici chaos.

Toute ressemblance avec un sourire existant serait purement fortuit
Celui qui ignore le mieux provient d’un visage inconnu
ou oublié
Il se dit que l’effacement est le fond commun
que les échoués n’ont pas tous préalablement fait naufrage
Perle Vallens
Corps animal est l’un des vidéo-poèmes diffusés dans la « plus petite maison de poésie » (en photo ici) lors du festival Charly, les Rencontres estivales de la Velouse, encore à voir jusqu’au 10 septembre.











Le festival est terminé mais les expositions restent en place à Charly (Cher) jusqu’au 10 septembre : poèmes graphiques/photo-poèmes en extérieur, vidéo-poèmes dans la « plus petite maison de la poésie » en partenariat avec la Péninsule/Maison de poésie en Cotentin, créée par Adeline Miermont-Giustinati que je remercie pour les photos ci-dessus.
Les Rencontres Estivales de la Velouse sont terminées mais les expositions de photo-poèmes et projections de vidéo-poèmes sont toujours visibles à Charly (Cher) et ce, jusqu’au 10 septembre. Voici l’un des photo-poèmes d’une seconde série (après celui-ci).


Il faut toujours l’odeur de la lumière
saveur plus vaste comme illimitée
pour me guider à reculons dans
l’enfance
à travers le geste rond et délicat
surgit le souvenir aiguisé
la déchirure donc où se cherche
et se trouve quelque chose qui ressemble
à une fragilité
sur le point de s’ouvrir
s’offre fleur virale
dans le même caractère de turgescence
que ma jeunesse encore vive sous la peau
Elles ont teinte et dents fauves
les années lourdes qui vident
éventrée tripes à l’air
cet air pourtant qui me porte
a laissé passer éclaircie
une brèche au ciel couché
sa découpe horizontale
une zébrure sur une joue
selon le modèle toujours en vogue
d’un désir porté en visière
A l’air qui m’entoure se mêle une voix
déchirée
une chute annoncée pour qui n’a pas le caractère d’enfants sages
sur le noir qui monte aux yeux
ce qui tremble est
contorsion de l’esprit
Quelle différence y a-t-il entre craintif et peureux
Perle Vallens