Retour aux ciné-poèmes avec ce court n°29 sur un extrait d’Inception de Christopher Nolan : claquer le réel.
Auteur : Perle Vallens
Inspir de l’arbre

Lieux sont des bras
pour embrasser
ou arbres pour gagner sa pureté
à leur force
oxygénation du corps
carbonique
qui sait la dimension de l’embrasure
l’élongation variable et la puissance
des brasiers
Perle Vallens
L’envers du monde

Ecoutez
Ecoutez bien le son du vent
Il ne couvre pas les bruits du monde
mais il est la respiration
Ecoutez et concentrez-vous
Calquez votre respiration sur le battement
lourd lent profond
Laissez-le vous envahir ses nappes de brouillard
son haleine humide
Laissez-le couler en pluie sur vos peurs
vos ressentiments
votre colère
Laissez le voile tomber sur le monde
Laissez-le disparaître sous l’épaisse nasse
Laissez le vent vous fermer les yeux
Laissez-le vous clouer les paupières sur l’envers du monde
diffus laissez fondre laissez dans l’envahissement le rêve vous baigner
le blanc tout recouvrir
invisibiliser
Inspirer puis
expirer une bonne fois pour toute
Maintenant vous pouvez ouvrir les yeux
vous pouvez regarder le monde en face
jusque dans sa noirceur
de vos yeux percés
vous pouvez regarder avec vos mains et vos pieds regarder avec le corps entier
tâtez le monde du bout des doigts
puis empoignez-le serrez-le dans vos bras
voyez comment vos bras s’agrandissent pour saisir le monde
voyez combien vous vous agrandissez alors
combien vous élargissez votre vue bien au-delà du regard
Perle Vallens
Femme de réconfort

Photosensible

Capteurs photosensibles opérationnels
ce qui s’imprime sur ta peau est toujours
un supplément de désir
ce flux transmis en continu méconnaît
la rigueur comptable des bases de données
mais réagit forcément aux filtres
qu’impose la vie
tu sociabilises et c’est déjà pas mal
l’effacement te parle de la lumière
et c’est toujours une façon de te parler
des autres
Perle Vallens
Ciné-poème 28 : ce qui illumine la route
Ce ciné-poème intitulé ce qui illumine la route met à l’honneur le film de Ridley Scott Thelma & Louise ( pour des besoins évidents et comme pour un feu plus vaste, la chanson de Marianne Faithfull, the ballade of Lucy Jordan, a été passée en instrumental)
Rien du tout (au JT), version vidéo
Voici la version vidéo, issue d’un montage d’images de JT en support du texte écrit d’après une consigne d’écriture proposée par Laura Vazquez et publiée la semaine dernière. Un peu dans l’esprit du Grand magasin.
Retrouver l’enfance dans Mange tes mots
Ce soir a lieu le nouvel épisode du podcast Mange tes mots sur une citation d’Aurélie Olivier, c’est en écoute à partir de 18h00. Je participe avec une grande fidélité, amitié et reconnaissance à ses deux créatrices, Galatée et Gingko. J’adore me laisser emmener par la voix de Galatée qui guide l’ensemble des épisodes, d’un texte à l’autre. J’y retrouve des voix aimées et d’autres à découvrir et toujours beaucoup de plaisir à l’écoute. Je vous en souhaite autant que j’en éprouverai.


J’ai eu l’occasion d’assister à leur dernière scène ouverte de poésie il y a peu au Lou Pascalou à Paris et c’était très agréable, accueillant, bienveillant, un peu comme une famille… Et là encore, Galatée en maîtresse de cérémonie.


Course d’obstacle

j’entretiens des intelligences
avec l’ennemi héréditaire
la puissance étrangère a un rictus
étrange un acquiescement
d’un mouvement de tête
je déchausse en pleine course
d’obstacle
ce qui se rétame n’est pas le sourire
c’est la dent qu’on a contre la vie
ce qui manque à un moment
c’est le courage de respirer
Perle Vallens
Ciné-poème 27 : faire face
Un peu plus long, ce ciné-poème n°27 sur un extrait du film de Stanley Kubrick, 2001 l’odyssée de l’espace, existenciel voire métaphysique. Je vous en souhaite un bon visionnage !