
Caviar 113

Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…

Très heureuse d’être après quelques temps à nouveau au sommaire de la belle Revue Dissonances dont le numéro 44 à pour thème silences.
Vous pouvez trouver la revue en librairie ou sur le site : https://revuedissonances.com/dissonances-44-silences/



itgirl badass avatar
vrai artpiece est apparition
subliminale
ultra_HD_face avant smog-effect
comme disparition progressive
du visage (identité non compatible)
ton écran 4K de gamer
2x-plus-de-stockage
120-fps pour fille plus ___fluide
plus floue ou plus folle
fille fondue au noir à la fin
Ctrl+Shift+S commande défectueuse
la fille ne se capture pas
l’escapekey est une clé comme les autres
dont on ne sait ce qu’elle ouvre
ne sait quel chemin emprunter
pour repixeliser les contours les couleurs
(RGB file failed)
espace |||||||saturé
stresstest sur itgirl
celle son déficit de popularité
celle sous bad influence
ou bad influenceuse
celle dissoute en streaming
elle dit message me
itgirl ou camgirl
elle remaquille son ton espoir
blushing ta libido démasquée (surex)
elle dit love-you-all
repeat repeat repeat
please
itgirl n’est pas yourgirl
[It girl][http://www.itgirl.com/itgirl.jpg]
error 403 – Forbidden
contenu invisible peut-être effacé
#lafille perdue dispersée
dans le cloud
Perle Vallens
C’est sur un extrait de In the mood for love de Wong Kar-Wai que se déroule ce vingt-deuxième ciné-poème intitulé gel des solitudes. Je vous en souhaite un bon visionnage !


Ce 3ème opus du podcast poétique SCHLAG, créé par Margaux Lallemant sur le thème La nuit est un tableau, sera diffusé en direct ce soir à 20h00 à l’Aétronome, sur le site ou irl si vous être du côté de Saint Etienne. Il accueillera le texte Toile de nuit.
Edit 9 mai 2023 : après le direct du 27 avril, le podcast est désormais sur soundcloud. Bonne écoute !

Là, ce qui siffle c’est lui déjà
sous le vent
ce qui craque sous les pas
l’aiguille par le chas de mes poumons
et sa voix ventriloque par mes lèvres
j’aspire le même air
l’arbre sa lente oraison
son appel à renaissance
feuillaison de jeunes pousses
je sais du vert fluo sa force
sa fraîcheur accrochée au limbe foliaire
l’éparse anatomie la vivace au ciel
aère ma boîte crânienne
à ma main accrochée sa chamade
l’écorce bat dans son crissement
éreinté de centenaire
parle son langage muet des pinèdes
que je bois comme le mot premier
adossé à ma bouche
vers lui j’avance et je me colle
ma source ventre à terre
meuble de ses racines longues
leur lente progression souterraine
sinueux d’insectes et de rampants
par ses interstices la sève
la saveur de résine me bascule
à ma tête enfouie la sienne envolée
hisse toujours plus haut
le tronc à la caresse
sa persistance
ma refloraison
Perle Vallens
La revue Miroir et sa sélection de textes issus des ateliers d’écriture de Laura Vasquez est en ligne. Heureuse lecture !



Nouveau ciné-poème sur la chaîne youtube Perle Vallens : inéluctable sur un extrait du film Les choses de la vie de Claude Sautet.

Déjà les nuages éparpillés au ciel, cotonneux, flottant, semblant en suspension, immobiles aplats fous sur le ciel impeccablement bleu. En deçà, les roches rondes, bosselées, doucement érodées, teintées dans la masse de jaune, de rouge, de grenat et de mauve, s’enflent et se défilent. Dans le loin, elles se hissent, émergent en surplomb des résineux. Elles accrochent des mousses et des lichens, s’ombragent des branches qui s’appesantissent, ployant et qui leur dessinent des visages dentelés. Là, clapote une flaque orange. Ici, craque une écorce d’arbre. C’est le son fluet, vivace d’une forêt d’ocre.
Perle Vallens