
je suis cible mobile divisée
mal définie
difficile de viser entre les cils
un seul regard tire sur la veine
et tout se déroule
tout ce qui brûle et tout ce qui bruit
jusqu’à l’écho de la claque
sur le cœur
Perle Vallens
Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…

je suis cible mobile divisée
mal définie
difficile de viser entre les cils
un seul regard tire sur la veine
et tout se déroule
tout ce qui brûle et tout ce qui bruit
jusqu’à l’écho de la claque
sur le cœur
Perle Vallens
Philippe Grandrieux est un cinéaste expérimental que j’aime beaucoup, c’est sur un extrait d’un de ses films de fiction, La vie nouvelle, que je vous propose ce nouveau ciné-poème, l’ombre est une brûlure.


Ce vendredi 7 avril, je suis invitée sur le plateau de Radio Galère (à Marseille) dans l’émisson Poésie in ze city, à parler de ceux qui m’aiment au micro de Junie Lavy, l’animatrice de l’émission dédiée à la littérature et à la poésie.
J’y serai aux côtés d’Olivier Bastide comme lors de notre lecture à deux voix à la Librairie Orange Bleue en février dernier, puisque tous deux édités par les éditions Tarmac. Nous aborderons notre parcours littéraire et lirons chacun des extraits de nos recueils respectifs, parus tous deux en fin d’année 2022.
L’émission est en direct mais vous pourrez la réécouter en podcast sur le site de la radio.


Il y a un message d-erreur
[It girl][http://www.itgirl.com/itgirl.jpg]
pour utilisateur accès dénié (invalide)
URL_needs_authorization
ce lien rompu trop brutalement
disparition définitive de la #fille
effort continu hors champs
échappe aux contrôles répétés aux décomptes d-octets
sans-visage-reconnu
quelqu’un dit elle-n-a-jamais-existé
quelqu’un dit feed-back (thebeast)
cleanup-image-only
la commande court est en train de courir
l’écran clignote bleu #randomly
itgirl non identifiée // fictionnelle // irréelle
le personnage diffère de sa fonction
ne reste : rien
ou silhouette découpée sur les pointillés
rien ne se voit clairement ombreschinoises
le ciblage est #erroné
le fichier racine reste introuvable
rhizômereboot
code binaire déficient – arbre vide
où naissent les algorithmes ?
scannow
sauvegarde du sourire seul
dans son format le plus courant de l’img
(touche le texte)
la fonction fait irruption dans le réel
La l__igne sous tension d’un tercet numérique
ce tressaillement électrique
) trop forte chaleur dégagée (
ventilateur interne tourne à-vide
restore please
invisibiliser revient à
deviner où se coche la tête
vierge de tout apriori
deviner sous quel @désir
se cache le prochain | nom
Perle Vallens

Deux territoires où le toucher peut exister
là où l’existence touche chaque territoire
chaque portion d’existence se touche du bord
de l’extrême bordure de territoire
là où ce qui se touche existe enfin
là où ce qui se existe d’espace dans le territoire
se touche comme une peau du monde qu’on pèle
chaque parcelle de territoire existant dans l’action de toucher
ce qui nous touche c’est cette existence là, palpable,
le territoire nous délimite dans ces corps qu’il faut toucher
qu’il faut toucher enfin pour se sentir exister
ce qu’il faudrait c’est toucher les fantômes pour qu’ils existent
Les fantômes sont des existences qui visitent
nous visitons chaque existence comme des fantômes
chaque fantôme existe à travers notre existence
chaque fantôme se visite comme un miroir dans lequel on existe
nos existences sont autant de preuves que les fantômes nous visitent
chacune de leurs visites nous fait exister davantage, nous fait nous sentir plus vivant
car nous visitons la vie et nous existons au-delà de nos fantômes
Perle Vallens
Le nouvel épisode du podcast poétique de Mange tes mots est un hommage à Marisol Drouin, écoutons à partir de soir (par exemple sur spotify) quels drôles de textes aura fait naître la citation ci-dessous. Le mien s’intitule fashion babe. Bonne écoute !


C’est sur un extrait de Stromboli de Roberto Rossellini que ce seizième ciné-poème, harponnés, se fait entendre, celui de la scène de la pêche au thon.


nos vies brèves respirées
dans le sens du poil
l’odeur de pierre au cœur
la carcasse prise au ruisseau
à faire corps au vent
(sens-tu ce tressaillement)
pente violente de la vie
où nous accourrons tous
tête baissée de bétail
buvant nos poussières nous
abreuvant de nos morsures
nos coups durs encornés nous
encornant
l’œil arrondi de lumière ne sait pas
d’où surgira la caresse
Perle Vallens