J’avais annoncé un extrait « psychédélique », ce nouveau ciné-poème est réalisé sur un extrait de Enter the void de Gaspar Noé. Rendez-vous la semaine prochaine pour un film muet, retour aux origines du cinéma, avec une histoire de désir et de plaisir féminin. Mais place à rêves immobiles avec Gaspar Noé :
Auteur : Perle Vallens
La nuit d’avant

C’est le souffle le premier qui se modifie et la sensation en creux d’un trac, d’une excitation. Je sais que certains sont malades avant un voyage, c’est une sorte d’angoisse. Ce n’est pas mon cas mais quelque chose remue au ventre, qui s’emballera quelques minutes avant l’heure prévue du départ. C’est infime d’abord, ourdit son galop à venir, se laisse le temps, mince dans la carapace de l’attente. Puis, ça se déploie, dans la largeur, dans la hauteur du buste. Une manière de longitude et de latitude de l’idée de voyage qui grandit le long du sternum, vient se loger dans la poitrine, cogner au coeur. Ca caresse la part d’insomnie, avant de prendre pied dans le sommeil, par à coups. Les cernes, c’est pour demain, et l’estomac qu’il faudra dénouer.
Perle Vallens
Nuits de la lecture : j’ai peur
Les nuits de la lecture ont lieu cette année du 19 au 21 janvier 2023, sur le thème de la peur. A cette occasion, j’ai créé un nouveau vidéo-poème, également disponible en écoute seule sur soundcloud.
Il s’intitule « j’ai peur ». Et vous, de quoi avez-vous peur ?
De nombreux événements se déroulent autour de chez vous, tous recensés sur le site dédié. Une occasion de découvrir ou redécouvrir des auteurs célèbres ou d’autres, moins connus.

Caviar 96

Ciné-poème 3 : l’espionne
Pour ce nouveau ciné-poème, j’ai choisi un extrait léger, tiré de Charade de Stanley Donen, celui où le personnage d’Audrey Hepburn joue les espionnes, d’où le titre. A bientôt pour le ciné-poème n°4 qui sera plus « psychédélique » et bon visionnage de celui-ci…
Fouille au corps

derrière toute forme de suspicion existe une forme
contraire d’intérêt de confiance
on gratte la couche superficielle pour accéder
à ce qui se loge entre la surface et le squelette
ce qui fluctue et résiste parfois à une fouille au corps
Perle Vallens
Voyage imaginaire

J’ai pris l’avion pour Angkor, la cité aux centaines de temples. Sur 200 kilomètres carrés percés d’ombre et de lumières, je me demande combien on en dénombre, et combien d’anges. Ta Prohm, Ek Phnom, Wat Ek Phnom, Ta Som, Angkor Vat, Kbal Spean, Bayon et ses 216 têtes de Boudha. Déjà par le hublot je les imagine tours hérissées de feuillages ou palais flottants. Et c’est déjà un paradis semé, écoumène sous la jungle, mordus et rongés de lianes. Le faste entortillé de plantes grimpantes.
J’ai sillonné 58 kilomètres de canaux et de digues, croisé des dizaines de douves et de réservoirs. J’ai longé la rivière aux mille lingas. J’ai marché sur les dalles-miroirs serties d’anciens dieux qui se reflétaient dans les flaques. J’ai vu des larmes de lotus, de romduol et de nénuphars dans la rivière Sangkae. J’ai vu la plaine inondée et des murailles s’élever dans des lacs. Sur les traces de Pierre Loti, j’ai rêvé de démons et de mythes, de rois disparus. Avec lui, j’ai vu au fond des forêts du Siam, (…) l’étoile du soir se lever sur les grandes ruines d’Angkor. J’ai vu des figuiers étrangler des statues, des portes prisonnières de racines. J’ai vu des éléphants de pierre terrassés par des arbres. J’ai vu carnivores et phalliques, des fleurs arrachées aux talus, des rochers dévorés de légendes dans les odeurs d’humus. J’ai vu le grès et la brique picorés de mousse. J’ai vu pâlis par le temps des murs de latérite caressés par Shiva, ces ravissements d’apsaras.
Perle Vallens
Frisson

Ciné-poème 2 : saveur de combustible
Ce deuxième ciné-poème intitulé saveur de combustible est basé sur deux extraits de Ex machina d’Alex Garland. Bon visionnage et n’hésitez pas à vous abonner à la chaîne youtube !
Rendez-vous la semaine prochaine, le troisième ciné-poème sera un clin d’oeil à Audrey Hepburn. Nous naviguerons ainsi dans tous les genres et toutes les périodes cinématographiques.
L’oeil bande, ciné-poème
J’ouvre un nouveau cycle de vidéo-poèmes, les ciné-poèmes, nés de mon amour pour le cinéma et la poésie. Ils combinent un extrait de film et un poème qu’il a inspiré, plus ou moins imagé ou abstrait, plus ou moins éloigné de l’extrait proposé.
Pour ce premier épisode, j’ai choisi le début du film Persona d’Ingmar Bergman. Le ciné-poème d’intitule l’oeil bande.