
la faim coupée nette
avant le creusement
la plaie sans couture
ce grand couteau d’appétit
et sa dent dure
estomac et lèvres en offrande
je ne sais plus vers quelle bouche
me tourner
Perle Vallens
Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…

la faim coupée nette
avant le creusement
la plaie sans couture
ce grand couteau d’appétit
et sa dent dure
estomac et lèvres en offrande
je ne sais plus vers quelle bouche
me tourner
Perle Vallens

tendon froissé de vieil élastique – tiraillé se travaille en longueur surtout pas en force – s’exercer à la souplesse là où le muscle cesse – ne sait comment tout ça reprend sa forme initiale – comment se reconstitue le puzzle – comment parle le squelette – onomatopées ou rugissements – osselets se jouent de l’esprit – là où nerf tendus à l’extrême – où la douleur où le plaisir quand l’un chasse l’autre – si la morsure de la peau – la laisse lâche sur la chair – chiennerie le corps
Perle Vallens
Cet été est paru une anthologie aux éditions Oxybia, Mots de PaiX et d’Espérance, en partenariat avec le Jeudi des mots, dans lequel est paru un poème sur le thème des mots de paix.





J’ai beau faire, j’ai beau enfiler des fibres bien épaisses, fil de mohair ou de velours, rien ne réchauffe mon cuir trop fin. J’ai beau me couvrir de couches de tissus, de trucs molletonnés, de machins synthétiques, d’amoncellements de cellulose, polyester, acétate ou viscose, je reste frigorifiée. Gelée jusqu’à l’échine. Glacée à l’intérieur, bercée par un glas assassin. Percée d’un courant d’air sous la peau, une trouée dans les veines, que ni soie ni laine n’apaisent. Ton absence déchire tous mes vêtements, y laisse un grand trou noir. Eviscérée, je me consume hors toi, abandonnée par contumace. Je me suis brisée aux blocs de givre qui s’entassent à mesure que j’empile les épaisseurs denses, contisées d’ecchymoses, de lassitude, écrasée par un désert vide, sans horizon. Je ne suis qu’une petite chose à l’épiderme trop lisse, au souffle trop court, à l’estomac trop noué pour survivre à la faim (de toi). Je brûle encore mais dans ma banquise, mon igloo intérieur, je meurs de froid.
Perle Vallens
(publication d’un déjà vieux texte)




Parution du dernier-né de la collection Osez 20 histoires de La Musardine, consacré aux plaisirs de saison, intitulé Le Noël de tous les plaisirs. Au programme des réjouissances, en amont, une lettre au Père Noël (au risque de faire rougir ce dernier). A ne pas mettre entre toutes les mains !
La revue Lichen (décembre 2022) annonce la sortie de ceux qui m’aiment après en avoir publié quelques extraits en août dernier.







Pendant que les bruits extérieurs crèvent le silence d’un petit matin assourdi, mon cerveau bouche exprès mes oreilles | Pendant que je me tais, les mots tentent une sortie (en force) | Pendant que je brouillonne, les mots m’appellent, ils s’imposent et composent sans moi. Ils prennent leur indépendance | Pendant qu’elles s’obligent, je goûte ma liberté | Pendant que la vie mijote (sans couvercle dessus), quelque chose quelque part brûle | Pendant qu’une ombre disparaît, le soleil en profite pour en faire naître une autre.
Perle Vallens

l’un visage maigre sans feuillages
l’autre décapité
ceux qui poussent au trottoir
nos vœux joyeux
enguirlandés quasi morts
le froid ne les atteint plus
leurs aiguilles d’âge précoce
tomberont blêmes déjà secs
déjà crevés cadavres sans guerre
avant que nous nous embrassions
sous un gui factice
Perle Vallens
De retour dans le podcast poétique Mange tes mots avec un enregistrement intitulé Le cri, inspiré d’extraits d’un texte de Monique Wittig, ci-dessous. Rendez-vous aujourd’hui pour l’écoute, ici ou sur spotify.

