Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…
Auteur : Perle Vallens
Perle Vallens écrit et photographie, deux écritures poétiques qui se rejoignent.
https://perlevallens.wordpress.com/
https://perlevallensphoto.wordpress.com/
Depuis septembre a lieu une exposition poétique et graphique organisée par le collectif de la micro revue écopoétique foehn au centre Wangari à Paris (porte de Montreuil). Il y a eu un vernissage, des lectures auxquelles je n’ai pu participer mais lors de mon séjour récent pour le salon de la revue, je suis allée me perdre dans cette « forêt » de poèmes, les lire et c’était beau. L’exposition dure jusqu’à la fin du mois, il y aura alors aussi un finissage (je n’y serai pas non plus). Voici un retour en images :
Frotte l’air, aigrette comme élytre, froissée sa force de fin de saison, pétales grippés, secs, écrasés de vent, une craie bercée ou un fusain, un bruissement de fanaison.
Perle Vallens
Illustration :John Singer Sargent, Dans les oliviers à Capri, détail (exposition actuellement au musée d’Orsay)
1. Il y a eu un orage. 2. Il y a eu des inondations. 3. Il y a eu pire.
Plusieurs énonciations possibles renvoient au réel et à son travestissement, comme en témoignent ensuite les annonces au JT, les titres des journaux, les effets de superpositions d’un post numérique, les interviews, les images qu’on imagine fake tellement improbables. Une illusion non choisie, un trompe l’œil qui prend l’eau.
La réalité instagrammée charrie des boues. On voit des véhicules dispersés, des quatre-roues flottant, des personnes perchées sur le toit des voitures. Peut-être hilares pour tromper l’effroi. L’effet serait comique si la catastrophe n’était pas perceptible, en transparence. Ce que l’image ne montre pas, ce que le hors champ, la voix off sont impuissants à crier, c’est la perte de repères. La perte de ses biens, et dans la finitude extrême, la perte de la vie. Parce que certains êtres sont morts, emportés par les courants, ensevelis par des trombes d’eau, écrasés sous des arbres déracinés.
Les pluies diluviennes, une fois l’orage passé, que sont-elles devenues ? Que deviennent les m3 stagnant ? Disparus le lendemain, asséchés si vite que le désastre semble n’être jamais advenu. Hormis les sacs poubelles, les déchets divers, les étoffes éparses prises dans les branchages. Le jour d’après, tout est comme avant, le niveau de l’eau après la montée revenu à celui du jour précédent comme si de rien n’était. Les visages ruisselants essuyés, les vêtements essorés, il faut vider, éponger, balayer, nettoyer, remblayer, reconstruire. Ce qu’on ne peut pas c’est ressusciter.
La déchirure du ciel si vive, si brève, s’est déjà refermée. Sa membrane fine s’est déjà reformée, bleuie, après grisaille informe, après lueur blême. Ce bleu parfait et sans nuages, ce bleu si pur et si cruel. Tout le monde le sait, le bleu du ciel ignore les morts. Et les oiseaux piaillent l’oubli.
Perle Vallens
(poème écrit il y a un moment, réminiscence d’une vague d’inondations)
Le numéro 49 de la revue Dissonances vient de paraître, elle a pour thème l’enfer et on peut la trouver ici ou la commander en librairie. J’y signe un poème intitulé inferno dia.
Le lancement aura lieu le samedi 11 octobre à 18h00 au salon de la revue, Halle des Blancs-Manteaux à Paris. Je lirai en compagnie d’autres autrices et auteurs de la revue. Vous êtes les bienvenus ! NB vous pouvez retrouver ici le programme du salon.
des rives d’une pluie intacte non encore coulée mimer le bruit des vagues et celui d’avant l’orage sons lourds passent lentement de l’air à la menace le souffle danse sa valse au fond du ventre nourrir le vide en attendant le battage du tonnerre le cœur tambourine par avance la rage est un mot impossible à prononcer la bouche ouverte chercher un autre langage dans l’espace entre le silence et l’oubli elle s’essaie à l’absence le doigt sur la gâchette de l’infiniment pour se donner une contenance l’eau roule sa sueur jusque dans ses mains elle se laissera chavirer par la pluie
Ce nouveau vidéo-poème est né d’une rencontre à Arles avec la photographeFlorence Moniquet et en particulier une de ses photograhies qui m’a propulsée dans l’univers durassien. Avec mon amour pour Marguerite Duras, voici un montage en hommage à l’autrice, son amour pour la mer, personnage récurrent de son oeuvre textuelle et cinématographique. Avec aussi en écho une pièce écrite dans le cadre de sa thèse de recherche-création par Camille Protar, doctorante à l’université d’Avignon.
Le vidéo-poème associe une de mes captations vidéos en mer Méditerrannée (et une photo de la lune au début), un texte écrit et mis en voix, des extraits audio (cut up son) de Marguerite Duras et une photographie de Florence Moniquet. Bon visionnage !