100 jours·photo n&b·photo-poème·poésie

Cet air de reproche

Turbide nappe de canicule
acculé une chaleur de chaux vive
excès notables de nos turpitudes
les arbres ont cet air de reproche et d’avoir
abandonné la partie d’une lutte contre l’inertie
quel réquisitoire ces feuilles jaunies fripées
tombées prématurément comme un signe
de découragement à ramasser
cet humus à venir pour faire germer quoi du monde
ces changements qu’on espère

Perle Vallens

#100 jours d’écriture, jour 51

100 jours·photo n&b·photo retouchée·poésie

Dispositif muséal

Je n’ai pas d’effort à faire pour me remplir la tête 
Mon cerveau est un dispositif muséal qui fait œuvre de bonne volonté 
stockage-déstockage de désirs muets
J’interpose l’écran mobile de mes paupières 
fermer les yeux est l’usage habituel pour assembler le puzzle de vies fragmentées
tout petits morceaux d’existence dont on ferait un lien entre nous
même si parfois une pièce ne rentre pas au bon endroit 

Perle Vallens

#100 jours d’écritures, jour 48

Actualité·prose·Revue littéraire & fanzine·Tarmac éditions

Extrait de ceux qui m’aiment dans la revue Hélas « Débordements »

Le dernier-né de la revue Hélas créée par Matthieu Limosino est « Débordements », hors-série paru en début de mois. Y a été sélectionné un texte tiré de ceux qui m’aiment aux éditions Tarmac. L’ensemble de la revue peut se lire et se télécharger via ce lien http://limosino.fr/revue.helas/downloads/DB-001.pdf

100 jours·écriture·photo couleur·poésie

Emerger de la terre

Sous la surface des mots les plantes peinent 
à émerger d’une terre qui laisse trop peu la parole 
la patience d’une généalogie 
et le germe vivace enfoui depuis tant de jours 
savent pourtant percer la croûte épaisse du silence 
d’une musique que nous ne savons pas entendre

Perle Vallens

#100 jours d’écriture, jour 41 (autres jours en story Instagram ou facebook)

photo couleur·poésie

Corps de fougère

Comment dans l’intonation du poème retrouver
le rythme de la rivière et le tempo de son écoulement
le vibrato du vent qui souffle sans voyelle
par rafales
sans reprendre sa respiration et déglutit
un air tout gorgé d’été et de sève
de celle qu’on pensait asséchée
au fond des vallées encaissées
et des veines
lit laissé à sec et fluides évaporés
de la sueur coule encore
dans le creux des collines provençales
jusque sur mon corps de fougère

Perle Vallens

#100 jours d’écriture/jour 32