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Voix synthétique

le corps en transit au fond d’une voix
blanche mate
aphonie d’une cellulose sans acide
ventre enfermé dans voix fantôme
qui m’enfile comme un gant
la voix est une surface sans vide
elle ne m’endommagera pas
elle me mangera me gobera
tout rond

Perle Vallens

Micro vidéo sur un court texte (et autoportrait/génération d’ondes sonores) dit par une voix synthétique et non la mienne. Partagé sur instagram pour les 100 jours d’écriture (jour 95)

100 jours·photo n&b·poésie

Entêtement à vivre

parcourir la distance de là le verger
à reculons les branches tordues sèches
cassées qu’on devra égaliser
à la cerne de l’arbre reconnaître défi
cience la morsure
pas la sienne l’appauvrissement
de mes vieillards secs
en étancher la soif
repousser l’échéance d’un prochain coup
de soleil
hydrater par l’eau de pluie
acide quand bien même creuse l’écor
ce fragilisée
un serment prononcé m’engage
d’une promesse faite sur le vert
sur le vif les mots à ren
flouer je sais la repousse lente
l’entêtement à vivre
jusqu’à la feuille tendre

Perle Vallens

#100 jours d’écriture, jour 92



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Vers l’apesanteur

Le pas vers l’apesanteur 
en guise de joie intarissable 
pour tatouer le principe de consolation 
sur la peau 

d’abord la défriper frapper 
du sceau d’une jeunesse aussi éternelle 
qu’improbable 

je triche donc je suis avec moi-même 
ma meilleure ennemie
qu’importe la force illégitime 
du fleuve nommé désir 
ou son absence 

le souffle persiste au-delà du sourire
esquisse l’esquive de la mort
d’un signe qui s’apparente à l’amour 
la façon la moins mièvre mais la plus provisoire
de nous maintenir en vie

Perle Vallens

#100 jours d’écriture – jour 87

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Fin de saison

Le soleil a perdu un peu de son arrogance
son feu brûlant de bouche sauvage a laissé la place
à une indolence de fin de saison
monté droit au-dessus des jeux de massacre humains
étale sa monarchie absolue sur nos épaules à fines bretelles décalquées
rayonne comme un roi céleste sur son monde et nous minuscules
essuyons nos fronts des dernières suées d’été
Regarde : le crépuscule caractériel
résiste encore de ses rayons plus frais pour nous garder
dans son emprise mystérieuse mi chienne mi louve
sa gueule béante se referme avec les heures effilochées
je sais qu’on en perd le fil chaque jour des minutes tombées
dans l’escarcelle de l’automne à venir

Perle Vallens

#100 jours d’écriture, jour 71

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Comme une fleur tournée vers le soleil

Il suffirait d’une main placebo à poser ici et là
à vertu adoucissante pour soulager un peu avant
de reprendre la route
un geste à synchroniser ou une bouche
qui perd de sa réserve (pour une fois)
et réoriente sa direction
suffisamment melliflue pour attirer le regard et la sève
comme un visage s’incline brusquement vers soi
d’un air de fleur tournée vers le soleil

Perle Vallens

100 jours décriture, jour 61

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Cet air de reproche

Turbide nappe de canicule
acculé une chaleur de chaux vive
excès notables de nos turpitudes
les arbres ont cet air de reproche et d’avoir
abandonné la partie d’une lutte contre l’inertie
quel réquisitoire ces feuilles jaunies fripées
tombées prématurément comme un signe
de découragement à ramasser
cet humus à venir pour faire germer quoi du monde
ces changements qu’on espère

Perle Vallens

#100 jours d’écriture, jour 51

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Dispositif muséal

Je n’ai pas d’effort à faire pour me remplir la tête 
Mon cerveau est un dispositif muséal qui fait œuvre de bonne volonté 
stockage-déstockage de désirs muets
J’interpose l’écran mobile de mes paupières 
fermer les yeux est l’usage habituel pour assembler le puzzle de vies fragmentées
tout petits morceaux d’existence dont on ferait un lien entre nous
même si parfois une pièce ne rentre pas au bon endroit 

Perle Vallens

#100 jours d’écritures, jour 48

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Emerger de la terre

Sous la surface des mots les plantes peinent 
à émerger d’une terre qui laisse trop peu la parole 
la patience d’une généalogie 
et le germe vivace enfoui depuis tant de jours 
savent pourtant percer la croûte épaisse du silence 
d’une musique que nous ne savons pas entendre

Perle Vallens

#100 jours d’écriture, jour 41 (autres jours en story Instagram ou facebook)