
je suis cible mobile divisée
mal définie
difficile de viser entre les cils
un seul regard tire sur la veine
et tout se déroule
tout ce qui brûle et tout ce qui bruit
jusqu’à l’écho de la claque
sur le cœur
Perle Vallens
Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…

je suis cible mobile divisée
mal définie
difficile de viser entre les cils
un seul regard tire sur la veine
et tout se déroule
tout ce qui brûle et tout ce qui bruit
jusqu’à l’écho de la claque
sur le cœur
Perle Vallens
22 octobre
C’est l’heure des âmes mortes
des nuits blanches
des braquages de nos rêves
délavés à l’encre
le lavis persistant rendu invisible
dans le noir dévidé de nos attentes
PV
23 octobre
Il a fait des boules et mis des yeux partout. Il a fait des boules toute sa vie.
Il a fait des boules en terre pour faire revenir à lui ses mains d’enfant.
Peut-être qu’il faisait déjà des boules quand il était enfant. Peut-être qu’il a fait des boules avec de la pâte à modeler, de la mie de pain, des crottes de nez, de la cire d’abeille. Peut-être qu’il en fabriquait des billes pour jouer avec. Peut-être que ses billes se reflétaient déjà dans ses yeux. Peut-être qu’il regardait ses billes comme des poèmes.
Il a fait des boules et mis des yeux partout. Il a fait des boules toute sa vie.
PV
Hommage à Jean-Luc Parant
24 octobre
j’ai dépassé depuis longtemps
l’âge des contes de fée
J’ai laissé passer l’heure des rêves
J’ai décompté les signes lourds de sens
ceux que le jour nous dépose sur la langue
comme s’il s’agissait de dompter le réel
je remue les lèvres mais aucun mot ne sort
je demande à la nuit de me réveiller
je lui demande de me dire si je suis
toujours vivante
si mon corps est réparable si mon esprit sait
encore comment trafiquer l’existence
sache que la nuit ne répond qu’aux horaires de jour
PV
25 tentant
t’entends
t’entends le vent
le vrai son du vent d’avant l’orage
t’entends le bruissement
le rouage le roulement à bille
la mécanique des tempêtes
t’entends tout ce qui devrait faire peur
devrait t’inciter à te mettre à l’abri
au lieu de ça tu sors
t’entends le tonnerre
tu comptes le temps que met l’éclair
t’entends à la minute près et tu sais
ce temps d’explosion qui zèbre le ciel
et tu sors parce que c’est trop tentant
de courir après l’orage
PV

26 octobre
Toi tu
Toi tu ne t’opposes pas
au tutoiement
Toi tu sais te taire
pour dire nous
Toi tu dirais je
si tu pouvais
mais tu n’oses pas
Tu te dis tu à toi-même
Tu te considères comme
ton alter ego
Pas de chichi entre vous
Entre lui (toi) et toi
c’est une vieille histoire déjà tracée
d’une barre de t
Toi tu
Toi tu ne vois pas d’inconvénient
au tutoiement
PV