
Elle, brindilles sous la peau
s’éparpillent à peine
leur bruissement sous le vent
avant leur envol
leur souffle avant le feu
l’embrasement et les fièvres
avant la flambée douce
La peau se fait herbe ou brûlot
©Perle Vallens
Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…

Elle, brindilles sous la peau
s’éparpillent à peine
leur bruissement sous le vent
avant leur envol
leur souffle avant le feu
l’embrasement et les fièvres
avant la flambée douce
La peau se fait herbe ou brûlot
©Perle Vallens

La nuit se mâche et puis s’échappe
Un prêche ou un coup de hache
La lumière touche le seuil et lave la bouche
©Perle Vallens

Il est une flottaison continuelle du temps, l’écoulement inclassable qui ne permet pas la pleine possession des instants précieux.
La fabrique des jours ignore les appels, les efforts prévisibles, la précision des secondes. Elle se dilue, dévale les pentes, déplie le ciel..
Elle se défie des attentes, ignore le lendemain, réfute toute impatience. Pas d’affût, pas de démission. Le flou laisse la place à toutes les possibilités.
Le défilement des paysages se tissent de sol sec et d’humus, l’humide empreinte, les meurtrissures et les oraisons. Il se fiche des branches sur le passage, il s’effiloche dans l’ombre de pierres empochées. L’offrande de l’arbre effeuillé tombée au pieds..
Les pommes ont roulé et pourrissent d’un sourire à la terre.
©Perle Vallens

Penser l’épaisseur du corps comme une habitation que l’on quitterait parfois pour mieux y revenir.
Penser que c’est un corps étranger, le souffle de l’inconnu qui respire pour nous, à notre place. Penser qu’un recul est possible, souhaitable, une disparition peut-être.
Penser que l’effondrement de son corps ne peut tout à fait nous atteindre.
Penser que ce qui se pense n’est pas le fait du corps, qu’il compte pour rien dans l’intention pure de l’esprit, qu’il est désacralisé, destitué de son rôle, désuni. Penser qu’il ne subsiste que dans la forme qu’on veut bien qu’il prenne. Le corps se déstructure et se désosse pour ne laisser que la fausse impression d’un espace vide. L’absolue nécessité de recouvrer le corollaire d’un abri pour soi, pour l’âme. L’impérieux à la fois d’un feuillage et d’un nid où reposer.
Le corps est Aussland et Heimat.
©Perle Vallens

Lorsqu’une lumière s’éteint, une autre s’allume. Lorsqu’une se voile, une autre s’évertue à naître. La naissance de la lumière est un petit prodige pour celui qui collectionne les prodiges. Un petit miracle pour celui qui croit aux miracles. C’est l’insensé de la lumière, que l’on coucherait bien sur la pellicule sensible, que l’on coucherait bien sur soi, une couverture de lumière.
©Perle Vallens

Il a l’expérience du travail. Il sait se retrousser les manches. Il est son propre témoin. Il jure qu’il sait transpirer. Il jure que sa chemise colle dans son dos sans sa permission. Il jure qu’il sait résister, qu’il sait persister, et même qu’il sait signer tous les parapheurs qu’on lui tendra. Paradis artificiel. Perforeuses automatiques. Machine à café. Le papier se broie au noir, sans crème.
Et le compteur tourne dans l’usinage des rêves.
©Perle Vallens

Oeil fermé se devine
grésillante d’entre les noirs
la proie rêvée des ombres
la pupille persiste et signe
son arrêt de sens à
ce qui est vu ou non vu
ce qui semble
ce qui fait trembler
la ligne d’horizon
©Perle Vallens

Acouphènes de jour
une précision horlogère
le passage des cigales
c’est celui du temps
le ton monotone
de l’été qui finit
©Perle Vallens

D’ici on entend mal. D’ici la scène est sous nos pieds. D’ici ce qui est dit l’est en sourdine. Côté jardin et côté cour, un court chemin vers soi-même. La répétition des voies intérieures. La poursuite de tous les vents. La persistance de tous les silences.
On a beau tendre l’oreille, d’ici on entend mal.
©Perle Vallens

Chaque matin mettre en marche la mécanique du jour, remonter le ressort avant qu’il ne se casse.
Actionner toute les machineries, manoeuvrer jusqu’au déclic de la lumière.
Chaque matin chercher dans l’encoignure des portes, dans le renfoncement des fenêtres un nouvel effet magique.
Agrafer les premières images en suspension, les premiers reflets dans l’axe du corps.
Chaque matin, renouveler sa propre voix, voir naître un nouveau rêve vivace, sa floraison et sa croissance. Et surgi de l’aube, l’appel profond, frauduleux, d’un désir clandestin.
©Perle Vallens