
Ellipse dans les plis
de grands pans de jour
que soulève certain avènement
dans l’ombre abaissée
dans la pleine lumière
se révèle alors toute l’ampleur
de ce qui fut nommé
la grâce ou la beauté
on ne sait plus très bien
©Perle Vallens
Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…

Ellipse dans les plis
de grands pans de jour
que soulève certain avènement
dans l’ombre abaissée
dans la pleine lumière
se révèle alors toute l’ampleur
de ce qui fut nommé
la grâce ou la beauté
on ne sait plus très bien
©Perle Vallens

Prendre le temps de se regarder tant qu’on y voit encore, tant que la nuit n’est pas encore tombée.
Prendre le temps de se toucher, même de loin, d’un mot ou d’une main. Se toucher des yeux serait bien, se toucher en pensée comme on se ment, comme on se mange, comme on ne cesse de se poursuivre.
Prendre le temps de ne pas se parler, de ne pas se dire toutes les choses, de se taire.
©Perle Vallens

Caresse-moi ces ovocytes
Œufs en devenir
Vraie poule pondeuse
passablement hors d’âge
La blondeur au ventre
caucasien pur sang
Caresse-moi ce phénotype
de pseudo russe
procréation usurpée
Gestation longue
le geste après le nom
non acte de naissance
Caresse-moi cet avenir
ce futur que tu t’offres
dont acte de crime
de lèse-maternité
la supposition de
l’enfant à naître
©Perle Vallens

Il a fait froid.
Le sommeil est tombé sur le versant ouest sans se relever. La nuit l’a surpris éveillé tout transi quand les oiseaux se sont tus.
Le vent a piaffé dans les feuillages. Au matin, le cœur s’était pris dans un gel de roc qu’il a fallu chauffer au feu rallumé.
La faim a trompé le froid. La soif a creusé loin, sans remblai, jusqu’au désir profond, grands rouleaux rallumés de brandons.
Alors, l’ébranlement dans l’ombre de la main du pas né du jour.
©Perle Vallens

You porn
You porn me
décortiquée
Capture d’écran
langue crue
écartelée
Quatre a quatre
l’escadron
bras arqués
couleur corail
plaquée chair
embarquée
Corps déhanché
percuté plein fouet
une brève aria
à la trachée
éparpillée
à travers chant
Coeur croisé
au bord des lèvres
mort précaire
chuchote rose
entre les cuisses
pression précise
A quel prix
à quel cri
caresser
l’idée du plaisir
le désir en
streaming
©Perle Vallens

Quelque part dans le corps
brûle grand bruit de sabot
comme un cheval rendu
fou par la flamme
Le feu marche en elle
Le brasier court bleu
gros bouillon l’animal
qu’on étrille
©Perle Vallens

La forêt est un corps. Un corps nu et rêche, rustique et fort, solide comme la souche première qui le fit forêt.
La forêt est un être autonome et autosuffisant.
La forêt n’a besoin de personne pour vivre.
Tous les animaux restent sur place, drive-in et déjeuner sur le pouce.
La forêt recycle elle-même ses déchets. Toute branche morte tombe, tout animal mort finira par s’enterrer de lui-même.
Tout ce qui grouille et fouille la terre retourne à la terre.
Tous les arbres poussent dans le même sens en se nourrissant de la même chose. De là, du bas, de l’intérieur du sol vient la vie. Et du ciel aussi. C’est pourquoi tous les arbres regardent dans la même direction. Ils attendent l’eau qui étanchera leur soif. C’est pourquoi ils s’étirent et poussent si haut. Il se dit qu’ils dansent avant l’orage, agitant leurs feuillages. C’est la danse de la pluie.
©Perle Vallens

Lente celle qui s’allège au soleil
toute sa lenteur comme seul éclat
l’étreinte de l’air est un appel
lent de perles éparpillées
lueurs pleine peau
dépliée de la caresse
épluchée dans la chaleur
celle qui s’alite à l’ombre
des amers
celle qui s’écosse dans
la lenteur
©Perle Vallens

Bénir l’eau qui lave les yeux
Dévider le fil et découdre les paupières
pour faire pousser un regard sous la rangée de cils
Insouciance au front libéré de ses pierres
la trace à suivre est celle précise de la vision
L’acuité assise sur la selle de l’attention
ne faiblit pas au plus fort du galop
©Perle Vallens

Renaître de chaque pluie
Dévaler les vallées
entre chaque rang de pierre tombée
entre chaque rive de chaque lit
Courir le jour comme la nuit
dans la clarté de l’eau
Chanter parfois doucement
le cristallin entre les cuisses
Passer à travers champs
à travers voix
Sentir l’aube se refléter sur la peau
Pâlir sur le flot des chairs
Gagner à gros bouillons l’estuaire
Aller jusqu’à la mer
©Perle Vallens