
Attention, poésie érotique
le sexto est une prose défrisée qui se crache
et s’avale le doigt dans la prise
(avec du poil autour)
tu es en survoltage à hauteur de l’attente
la lèvre s’ourle et se vide d’une haleine
non permise dans une histoire de cul forclose
des mots s’écrivent sur écran désert
une fièvre caleçonnée s’écrase dans le cloud
comme une clope
la braise rougeoie toujours dans la moelle épinière
tu te demandes bien à qui te greffer ce soir
qui depuis la phrase écrite dégrafera ta braguette
sur qui tu flasheras sur quel site
tu rentabiliseras ton errance sexuelle
meilleure défonce possible pour l’affamé
sur quelle paire de fesses frotter
ton corps en rythme avec le futur spasme
orgasmique tu lèves plein phare
le capot de l’ordi sur l’appli
qui s’ouvre comme une vulve : salivaire
son carré blanc se rosit
autour du visage anonymisé
tu te débrides dans des visions obscènes
obsédantes de frôlements virtuels
c’est une zone infranchissable pour la silhouette
pixelisée & détourable l’index suit
l’extrême bord tu atteins la limite du cadre
tout est flouté
tout sauf la honte qui coule
des pores débouchés le sébum de la bouche
la couleur de la langue putassière
c’est une vocation liquide
qui pisse sa dévotion pour un organe de choix
un frétillement saumon qui remonte la rivière
le message se dickpic
articule haut level d’excitation
s’applique à te coller la gaule à te faire baver
t’allume de dirty talk ou t’électrise
d’une baise sans parole
tu lécherais jusqu’à la carte graphique
le contour de tes rêves
là où le rose s’ambigüise
la nuance chromatique de la chair
s’étend du plus clair au plus chaud
définit mal parfois le genre dans l’ombré
des courbes le niveau sonore s’incarne
dans les profondeurs du ventre
le rose est un souffle qui aphabétise
l’ardeur grammatise l’inversion
du sujet dans les rôles
la brûlure se boit à la paille érigée
urétrale la verticalité de flamant dressé
pour le ciel
ne se laissera pas plumer au lit
le duvet dépasse largement les plis
du corps privé de consolation horizontale
ce qui palpite à la veine la démangeaison
comment savoir si c’est désir ou besoin
d’une emprise ou d’une empreinte
sur ta nuque cabrée de canidé
chien obéissant d’une chiennerie sans collier
tu te veux animal de compagnie
pyrotechnique remuer la queue
en guise d’acquiescement
manger dans la main qui te soulage
qu’on te nomme caniche et tu frétilles
pinky-kinky une bite bichonnée à bout cramoisi
tu ouvres la gueule à crocs
trop bien limés
la morsure invisible sous la ceinture
ne laisse aucune trace sur ta fierté
tu pourrais sans doute te satisfaire
d’une branlette dans la surbrillance sans-tain
le versant aveugle de tes penchants exhib
te sentir exister à mesure que bat
ton mât de misaine
sous hypnose la rétine queerisée
jusqu’au chuintement
d’une éjaculation en cam
mais il manque la rougeur piquée à vif du regard
d’un shocking aux joues la vraie chaleur
que dégage le geste d’une vraie main
Perle Vallens


















