
Un homme est entré dans ton rêve.
Il n’a pas prévenu avant. Il n’a pas frappé à la porte. Elle était déjà ouverte mais personne ne sait dire si c’était pour lui.
Le rêve n’est pas écrit d’avance. Il n’est pas sensé dire quelque chose. Il est libre, non formaté, ne se nivelle pas par le bas, gagnera certaines hauteurs. Il faut apprendre à léviter pour les atteindre. Il faut apprendre le langage des cimes.
Il faut savoir s’enfoncer dans l’ombre du bout de la langue. Il faut s’entendre parler pour ne pas tomber. Les mots sont tes ailes, vastes, se développent en nappes phréatiques pour t’y baigner, t’y abreuver.
Le rêve caresse un espoir dans le sens du poil, dans le sens de la vulve ouverte comme une porte. Le rêve s’avère meilleur amant que l’homme.
L’homme ne caresse rien, il se contente de regarder. Il se montre cruel dans son immobilité, dans son mutisme. A un moment ses yeux se décrochent et roulent jusqu’au sexe. On dirait deux soleils inassouvis qui luisent dans l’ombre de la toison. Ils s’y perdront.
Tu sais, l’émoi se fait dévoration, creuse les chairs comme des puits. Ils finiront dans ton cul. Les yeux plus gros que le ventre, c’est bien connu. Le rêve le sait depuis le début.
©Perle Vallens
NB le texte a été écrit avec les contraintes de mots suivants : soleil, léviter, caresser, formater, cruel, inassouvi.










