
Il suffirait que tu dises les mots, prononcés dans le creux de l’oreille, dispersés le long de mon corps, de la nuque au creux des reins, tes mots en replis, en caresses, en cours sinueux, en rivières et en tumultes.
Il suffirait de t’entendre murmurer ce qui a été oublié, ce qui a été tu depuis si longtemps, les secrets, les étreintes, tous nos interdits.
Il suffirait de laisser glisser ta voix sur mes épaules, si lentement, ta voix devenue rauque, profonde, cette voix qui creuse mes entrailles, qui fait gonfler ma gorge, qui la remplit de toi par capillarité.
Il suffirait de lisser mes cheveux de ton souffle, revenu par saccades, à peine, une suspension, une attente.
Il suffirait d’un seul silence entre tes mots en errance sur ma peau.
Il suffirait que je te reconnaisse à ces mots, à ta voix, à ton souffle, à tes silences, que je te reconnaisse au sourire des mots, à leur lumière, à leurs sens cachés, au tressaillement de ces mots, à leurs modulations, à leurs injonctions, à leurs prières, aux percussions de ces mots, à leurs séismes, à leur urgence, à leur désir.
Il suffirait de si peu et de beaucoup à la fois, tu vois, pour que je flanche, que je sois submergée, que je tombe d’un coup.
Et pour que tu me relèves, à la force de tes bras, à la force de tes mots.
©Perle Vallens






