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Extrait cadastral

Cadastre ©Perle Vallens.jpg

Redessiner le cadastre, où tremble l’épiderme.
Réviser l’ordre des couches parcellaires, le tracé des veines en chemin de traverse, suivre la progression, l’à peu-près si proche, les profondeurs, les remparts, les superficies parcheminées.
Connaître ses terres, mesurer les aires, les routes empruntées. Cela signifiera-t-il la maîtrise du territoire ?
L’occupation les lieux peut-être. Parfaire sa graphie. Parapher la peau.
©Perle Vallens

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Artisanat d’art

Bandée ©Perle Vallens.jpg

Où disparaît l’ardeur des petits métiers, le rémouleur de peau, artisan des souvenirs rances ?
Les mains se frayent un chemin à travers le tout quotidien, les longues patiences, les heures supplémentaires.
Assis sur le côté, on peut toujours attendre la fin du travail bien fait. C’est sans compter les réductions de personnel, les vacations d’entreprise,  les promotions pour bonne conduite. Je préfère la mauvaise, le tissage à la ceinture, les eaux fortes,  la gravure qui encrent longtemps.
Où sont les travailleurs manuels, où sont les relieurs d’antan ?
©Perle Vallens

Emotion·Erotisme·photo n&b·poésie

Pauvre Monsieur K

Pied et main ©Perle Vallens.jpg

Kafka connaît que dalle aux mouvements lents, à la musique dans la mollesse de l’estomac, la moelle épinière qui se dresse sous le son de sa voix. Rien aux abeilles qui font le buzz dans mon ventre, la ola, les applaudissements, l’effet papillon de ma bouche jusqu’en bas à chacun de ses baisers.

Kafka connaît que dalle aux délits d’initiée, aux petites délivrances entre ses bras, à la danse, aux langues partagées, aux transes de ses mains. Il ne sait rien des cratères qu’il crée et qu’il remplit, des bulles, des balancelles et des incandescences.

Non, Kafka connaît que dalle aux métamorphoses du corps, aux colonies qui gravitent dans les veines, aux coups de hache sur la mer gelée de la peau.
©Perle Vallens

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Chasse-spleen

Grenade ©Perle Vallens

L’écorce écrasée entre les doigts éclate, coule, libère son jus. A cœur, crevé, éperdu de billes écarlates que la langue tendue récolte. La peau scintille, grain à grain piquée, à vif. L’effusion, le velours et le lin, la lie d’un autre temps qu’une aigreur surprend. La glue colle au palais, un repli sous la lèvre battante. Le sang attendu se répand, trace son stigmate, la plaie saillante rompue de la chair. Une blessure, sans gravité.
©Perle Vallens

Emotion·Erotisme·photo couleur·photo n&b·poésie·Short Edition

Peau bleue

peau bleue©Perle Vallens

Blafarde pensée
au sceau du lit
loin des remous
des draps froissés
Chasser l’ennui
l’indolente paresse
Aux deux seins se vouer
au ventre qui se creuse
à la force de la chair
la marelle des corps
parcourue à cloche pieds
sous une toile tarentule
un voile de doigts tendus
sur le bleu de la peau
©Perle Vallens

poème publié initialement sur Short Edition

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Avaler

Avaler ©Perle Vallens

Avaler les prémisses des histoires, celles par qui tout commence et tout finit.
Avaler toutes les vérités du monde, avaler le ventre tendu et les mains jointes.
Avaler les peurs, les froidures d’hiver, les brisures d’écorce au gel pris de l’absence.
Avaler le suint et la sueur, le grain de la peau comme un saint suaire.
Avaler la bouche, la langue et toutes les dents, avaler un sperme en ressac sur mes plages, en longue vagues dans la gorge.
Avaler tout, sans regret, comme entonnoir de bonheur.
©Perle Vallens