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Hommage à…

Nouvel hommage à David Lynch, sur la base d’une consigne proposée par Laura Vazquez.

Hommage à David Lynch

La négativité est comme l’oscurité.

Prom queen, reine de beauté dans les limbes
l’ombre dessine sur sa peau blème pâlie sous la lune
pleine lui saccade l’orbite
il y a bien trop de bleu dans loeil
elle (ne pas céder)
d’un baiser fait un avenir d’une seconde

L’obscurité n’est pas rien, cest l’absence de quelque chose

l’ange a perdu ses ailes
on ne sait pas exactement qui les a arrachées
mais le feu prendra plus facilement
les flammes éclairent mieux l’intérieur
le coeur obscur de Laura
s’immacule en s’immolant

Il y a un océan de conscience pure à l’intérieur de nous.

Fire walk par flashe éclaire
conscience pure qelle posture de yoga
permet de voir le monde autrement
qui dit to dive within trouve du nouveau
au fond de la pellicule
le film est une rivière où je nage
à l’envers

Perle Vallens

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Ciné-poème 57 : l’ombre nous mange les jambes (hommage à David Lynch)

Actualité oblige, le ciné-poème 57 a été modifié pour un hommage à David Lynch, un réalisateur qui compte beaucoup dans mon parcours artistique. J’ai choisi un extrait de son premier long-métrage, Eraserhead, et est intitulé l’ombre nous mange les jambes. Le ciné-poème est visible sur ma chaîne YouTube, comme d’habitude.

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Colette et Jean (double hommage)

Sidonie Gabrielle Colette et Jean Cocteau, c. 1950 (Archives Charmet)

J’adore la regarder regarder le monde depuis sa fenêtre qui donne sur les jardins du Palais-Royal, provinciale au cœur de la capitale, c’est tout un petit monde familier de proches et d’amis en contrebas. C’est elle qui le dit, le Palais-Royal est une toute petite ville de province dans Paris. Tout le monde s’y connaît et s’y parle. Paris de sa fenêtre prend une autre couleur, je trouve. Et ce n’est pas Jean Cocteau qui me contredira.

J’arrive au 9 rue de Beaujolais. J’y déjeune avec Colette et son cher Jean. Avec Jean et sa chère Colette. Nous y goûterons des plats simples et savoureux, de ceux qui ont leur préférence à tous deux. La mousse au jambon, aérienne, suave, un appareil à soufflé en réalité, c’est un mets d’une grande légèreté à base d’ingrédients à la portée de toutes les bourses. Et en dessert la fameuse flognarde des privations de la guerre, que Colette a popularisée auprès des femmes pour faire face aux pénuries. Il faut trois fois rien : farine, œuf, lait, pommes, un rien de sucre pour caraméliser cette grosse crêpe roborative mais irrésistible. Cette petite couche de sucre croustillante, nous en raffolons tous les trois. On est certes loin du Grand Véfour ou du menu Goncourt de chez Drouant, du homard de l’une et du turbot de l’autre, mais il y a un temps pour la haute gastronomie et un temps pour la cuisine paysanne. Souvenir d’enfance, recette de tresse chapardeuse – sa couleuvre de cheveux – au verger ou flânerie gourmande de vigneronne de la Treille-Muscate, le repas s’accompagne d’un bon vin, de Bourgogne bien sûr. Aujourd’hui Colette me baptise au Nuits-Saint-Georges, une première ! Tu penses, je n’ai pas les moyen de me payer un tel cru, moi. Mais elle connaît tellement de monde partout, et tant de bons vignerons. Jean ne se contentera d’eau minérale aujourd’hui, il ne laissera pas sa part au chat (de son amie). Plus tard dans la soirée, il nous préparera un cocktail au pifomètre, qu’il accompagnera d’un cigare, une esquisse au trait, un portrait minute de Colette à mes côtés pour nous immortaliser. Je me regarderai alors comme une autre elle, plus étroite, discrète, je tiendrais dans son mouchoir.

J’aimerais comme elle cultiver sa pugnacité, trouver le chic suprême du savoir-décliner. Arraisonner comme elle la souffrance et la vieillesse. Pour m’encourager, elle me dit que je ne dois pas perdre le goût de me parer, de me maquiller, c’est autre façon de résister. Tu sais, je n’ai pas encore rencontré une femme de cinquante ans qui fût découragée, ni une sexagénaire neurasthénique. Jean écoute d’une oreille distraite ces conseils féminins. Dilettante esthète entonne Satie du bout de ses lèvres fumeuses. J’aimerais n’avoir comme eux deux ni domaines interdits ni routes brouillées ni seuils effacés.

Perle Vallens

(écrit durant les 40 jours d’été 2024 du Tiers Livre de François Bon)

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Paris, Texas (2)

1 – Paris, grandes lettres bleues posées sur montants métalliques au milieu de l’herbe rase et déserte de Dragon Park, leur graphie vaguement circassienne. Le I est porté manquant, à la place ne subsiste plus que l’étoile signant son point. L’ombre portée des lettres s’écrase en entrelacs sur le vert dont on ne reconnaît plus que l’étoile, pleine et nette.

2 – Du love civic center, on se demande à quoi le bâtiment sert. On se dit qu’accoler love et civic manque quand même de romantisme. Au loin s’élève son effigie, celle de la ville, la fausse tour Eiffel coiffée de son chapeau texan rouge (le même rouge que la casquette de Travis dans le film de Wim Wenders). En deçà, le drapeau américain flotte.

3 – At Woodall Baseball Fields, sur le grillage, une pancarte annonce la couleur, noir sur blanc Please remember 1) these are kids 2) this is a game 3) coaches are volunteers 4) umpires are human 5) dont’ like what you see ?… Volunteer ! Au fond, faisant face à son entraîneur, l’enfant porte une casquette et un gant de base-ball rouges.

Rouge serait la couleur du Texas, il se dit. Du pur texan, une pièce de bœuf fumante tout droit sortie du grill. Relents de son repas, nimbes sanguinolentes. Sa langue claque. Il descend du pick-up, ôte ses lunettes de soleil, sa casquette aussi rouge que la carrosserie de sa Ford, essuie la sueur de son front, dévoilant une tâche de vin de la forme de Paris, Texas.

Perle Vallens

Nouveau clin d’oeil au film de Wim Wenders après le ciné-poème et le texte d’hier…

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Par ses mains

On l’a dit fougueuse, nerveuse, sanguine, rebelle, irréversible. On a dit l’animosité familiale. on a médit sa liaison, son travail. Elle a trimé, elle est allée sur les chantiers, a porté lourdes charges, a ramassé l’argile. Elle a trimé pour lui avant de penser à elle, à sa vocation, sa vie.


Il disait qu’il lui avait montré comment trouver l’or mais elle n’avait besoin de personne. Elle a su seule modeler, faire saillir, un trait, un regard. Elle a su seule évider, creuser, polir, trouver la lumière qui se dissimule dans la pierre. Elle n’a jamais eu besoin de lui pour ça. C’est de son amour qu’elle avait besoin. Il disait qu’elle était tout, sa part de ciel en ce bas monde. Après il a pleuré, c’est vrai, cet ours, ce colosse. On lui a conté les larmes, les regrets. Il a pleurée celle qu’il aime. Mais il l’a abandonnée.


Dire qu’elle s’est humiliée, à genoux comme son implorante qui lui a donné tant de fil à retordre.
Dire que la nuit, elle couchait nue pour mieux penser à lui. Elle faisait semblant de croire qu’il était là, avec elle. Mais rien sinon l’absence, le silence de pierres charriées, la blancheur du marbre dans le blanc de l’œil, son éclat partagé à même la fange. L’absence est l’abcès qui crève son cœur, qui ronge son esprit.


Il disait partout qu’elle était folle. Sieur la Fouine et consorts, tous ces marchands d’art qui se sont détournés. Sauf Blot qui lui a pris onze œuvres pour sa galerie.
Elle ne vivait pas de son art. Elle était terrassée par ça. Une douleur ou un affront.
Crachant sur les crevures. La bande à Rodin.
Et pas le sou pour vivre.


Son frère l’adorait, pourquoi donc l’aurait-il fait enfermer avec des folles ? Elle n’était pas folle. Elle était juste très fatiguée. Toute la journée, c’était simagrées et grimaces, et hurlements, et verbiages sans aucun sens, et silence. Encore et toujours ce silence intérieur. Si seulement elle avait eu de quoi sculpter. Mais ici rien, ni édredon, ni seau hygiénique, chambre vide de misère et de froid. Elle était frigorifiée, et ce n’étaient pas les mauvaises soupes qui pouvaient la réchauffer ou la nourrir. De quoi l’accusait-on ? D’avoir vécu seule avec ses chats, d’avoir la manie de la persécution. Ce qu’on ne dit pas, peut-être ce qu’est péché à expier : avoir avorté.

Elle a supplié sa mère. Elle a supplié Paul. Jamais ne perdait espoir, écrivait, suppliait. Elle pensait toujours qu’il allait la faire sortir d’ici, la reprendre. Au pire elle serait allée à l’hôpital ou au couvent. Ils l’ont tous abandonnée, tous rejetée. Jetée en cachot parce que cette soit-disant chambre ou une geôle, c’est du pareil au même. Ici est immense solitude. Ici est un gouffre où elle est enterrée vive. Là où elle tangue, elle s’accroche à l’idée de liberté comme une branche qui ne fait que ployer, jamais ne rompt. Vingt ans qu’elle ploie avec elle. Ployée jusqu’à la fin, de plus en plus tassée sur elle-même.

Ses mains sont tombées, inertes. Mains coupées du corps. Ses mains de bataille ne taillent plus. Ses mains scribouillardes en vain. Ses mains incarcérées. Mais ses mains de précision, de joaillière ont tissé l’œuvre, ont pétri la peau dans la matière brute. Les mains ont fini par fusiller les regards critiques, les voix critiques d’une autre époque. Les mains sont sorties grandies, légendaires de l’épreuve, de la maladie, de l’abandon, de l’enfermement, de la mort. Les mains sont aujourd’hui glorifiées de tant de beauté surgie d’un bloc de pierre froissée. Les mains célébrées : une grâce.

Perle Vallens

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Parution de Atlas roman puissance 100

Atlas roman puissance 100 est un livre édité par François Bon du Tiers Livre, cent courtes fictions écrites en suivant une consigne d’écriture proposée par l’éditeur et animateur d’ateliers, en hommage collectif à l’Atlas des Régions Naturelles d’Eric Tabuchi et Nelly Monnier.

Au total, 236 pages, avec postface Olivier Hodasava. J’y signe 4 courts textes de fiction : La lettre (extrait ci-dessous), Luna Park, A perte de vue et Les rois du monde. Le livre est en pré-commande, puis en vente sur la librairie en ligne du Tiers Livre.

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Purcell (hommage)

Déchanter Purcell
à l’oreille à la bouche
touche l’air musical
touche l’œil même
son humidité cachée

Lâche Purcell
décompte les armes
sous forme blême
d’enjambements
dans trachée vierge

Purcell avant silence
claque dans ta gorge
son haut vocal
sa chaleur de prodige
son déjà cuit au ventre

Te saisit l’énergie chantée
le sens ancien des tragédies
cette flèche à couleur d’étoile
qui t’atteint exaltée à l’extrême
limite Purcell au cœur
©Perle Vallens

Hommage au compositeur anglais Henry Purcell, en écoute sur soundcloud sur un extrait de The indian queen.

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Dispense de vanité

dispense vanité©Perle Vallens.jpg
Autoportrait, hommage à Francesca Woodman

Sission consommée entre le corps et l’esprit
la fissure s’agrandit la fuite les effets sordides
l’absurde et impossible fardeau
les festivités dont on se fout

La seule voie possible
serait une sensibilité suspendue
pensée du moindre mal
une complaisance envers soi
taire les passions tristes
faire absolument silence

La sphère tourne toujours
son centre s’enfonce
en profondeur
c’est pour dissimuler
un reste de pudeur
©Perle Vallens