
Ce qu’on tisse ici de quotidien, d’aléatoires sauf-conduits, de faiblesse sous des forces éphémères, ce qu’on tresse de mots nourris de peu et beaucoup à la fois, ce qui nous déborde, qu’on lave à grande eau, qu’on lessive qu’on essore de nos propres mains, sales penses-tu (on est toujours le salaud d’un autre), tout cela perce en transparence entre les murs du studio, sous la chappe de chaleur, cette écrasée d’humains, tu sais, comme sur les plages, entassés, agglutinés.
8h. Et si on allait prendre le petit-déjeuner face à la mer ? Banco !
Départ trop tardif, je crains le bain de foule. Je m’en tiendrais au bain de mer.
Mon voisin, après avoir trempé son corps d’anglais à la génétique photosensible, se carapate sous le toit de paille de la cabane de plage. Bière (de soif) au riz de Camargue.
Je le rejoins après une seconde baignade, la méditative pensée et la discussion impromptue entretenue avec celle qui s’est invitée sur mon genou (avant que ma maladresse ne la fasse basculer dans le sable, ce dont elle a le bon goût de ne pas me tenir rigueur réintégrant aussitôt un nouveau point d’appui sur ma main, mon bras)
Je métempsychose mais pas trop. Je métaphorise mais pas trop. Je me nourris d’effets hallucinatoires mais pas trop. Je me cours-poursuis d’effets de manche qui inévitablement me retombe dans la gueule.




