écriture·Mater Atelier·montage photo·photo couleur·poésie

Passée au rouge

Montage à partir de plusieurs de mes photos

laisse l’envol d’un pétale de coquelicot
soulever un pan du rêve la passe de cruauté
banderille la chair rougie au gel
akènes grains de grenade picorent la brûlure
de gueule et d’os dégouline le langage
le long de la colonne
mot pour mot tu dis comme obscur objet
extinction du désir ou rallumage du sexe
au moteur brandies les bougies
irriguent pulsent en zone sacrée
la pulpe et le jus vermeilles irradient
chakra ou cœur illiaque la caresse
cogne dur
martèle dans l’éclat
acier de la douleur
déraille ou désarticule dans l’attente de
l’embrasement
ce qui fait planer ailleurs que dans les nuages
ce qui fait briller les plaies anciennes
ma queue d’animale étriquée inutile
l’ancestrale sans notice
sans argument pour ou contre 
je me replie dans mon ossature
je bloque toutes mes cloisons autres que nasales
je hume dans mon propre souffle un peu de 
son magma de l’incandescence
quelques gouttes sur mes bassesses
mieux qu’un baume pour colmater l’absence
pour répondre aux questions non
posées façon pierres chaudes
sur la peau répandre la magie
(c’est un genre de rituel)
pourtant je ne sais pas qui vient
traverser ma caverne
qui visite ma terra incognita
impénétrable
rien n’effleure ni n’affole que le vent
et ce fantôme revenu hanter mon corps
©Perle Vallens

écrit sur consigne de Margot Ferrera/Mater Atelier

montage photo·photo n&b·poésie

Faim

nous revenons aux draps aux corps
au sortir (nus) des nuits
rien n’éteint
les bruits dérivent le long des
dents le silence mordu de la faim
la soif court quelle marée on ingère
quelle meilleure fureur nous tient
à distance
aucune chambre ne hante
nos forêts poussent un arbre sa courbure
brute entre tes jambes
je crains le crissement de la caresse
une douceur excessive me perce des tympans
jusqu’au cœur
©Perle Vallens

montage photo·photo n&b·poésie

On marche avec nos morts

On marche avec nos morts
lourds et morts depuis longtemps
On marche avec nos fantôme plantés dans la peau
harpons de mots accrochés à nos lèvres
On sait le fardeau et la peine qu’on a
à porter nos morts sur le dos
leur poids sur nos épaules
la charge de leur histoire
On sait la force qu’il faut et l’endurance
pour résister à les poser là
à les laisser loin de nous
Alors on endosse nos morts et on avance
©Perle Vallens

montage photo·photo n&b·poésie

Jamais ne neige sur mon visage

voix auto-reverse
long travelling sur la route
ce glapissement des flocons sur la vitre
il neige rarement sur mon front de mère
jamais ne neige sur mon visage
tout glisse sur la passementerie
de mes lèvres cousues mains
tissage bien serré dessus-dessous
ce sourire comme une transhumance
où paissent mes souvenirs
tu vois par transparence
la hauteur de canine qui perce
le jour même c’est la morsure
qui éveille le mieux
©Perle Vallens