
La revue poétique Lichen enrichit son sommaire de mots moches et de mots oubliés, rares, régionaux ou trop lointains.
Je participe de temps à autre avec des poèmes et dans le Lichen de Mai 2019, je proposai le mot « décours » pour la rubrique « espèce en voie de disparition », où vous découvrirez aussi l’expression « courir la prétentaine ».
Dans le numéro de Juin qui vient de paraître, vous trouverez encore le poème Voyeuse.
Décours (n., m.) : décroissement de la lune ; le temps qui s’écoule de la pleine lune à la nouvelle. « C’est un préjugé dans les campagnes qu’il y a des plantes qu’il faut semer ou cueillir, les unes pendant le croissant, les autres pendant le décours de la lune. »
« Il y a de petits dieux qui font descendre la lune dans le décours. » (Voltaire, Dial. XV, 4).
Le mot s’emploie également pour désigner le déclin d’une maladie. On utilise encore en science le concept de décours temporel : laps de temps entre une cause et son effet.
En voici une interprétation poétique, toute personnelle :
Je décompte le long fleuve
le lent décours de mes heures
creuses du vide de la nuit
perdues jusqu’à l’aube
au premier point du jour
©Perle Vallens