Emotion·nature·poésie

D’or

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Rêver le scintillement, voir l’ambre se refléter dans l’onde du regard. Elle brille dans les flaques que la pluie a laissées, une mare comme un miroir qui chuchote des histoires qu’on se raconte, seul, le soir venu. Couronne nocturne, un feuillage d’or flotte nimbé de lumière, une parure sous la lune, un éclat dans la moire obscure filetée de grisaille. L’âme déployée s’envole dans le noir, verse son obole au ciel avant le dernier sommeil.
©Perle Vallens

Emotion·nature·poésie

Jours ocres

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L’été se morcelle et meurt dans le sillage des fruits mûris, à l’ombre des épillets. Les feuilles s’émaillent d’un salut mordoré. Les fleurs émaciées baignent encore dans le reflet pâli et s’effacent dans les pétales repliés, dans la grâce des soies fanées.
L’ambre que l’automne dépose en toucher scintillant se cueille en rayons tièdes sur la peau qui frissonne. Le fleuve de l’oeil brille à travers la paille claire du soleil, en crues limpides, en éclats verdoyants.
Las, l’été s’abandonne aux bras pourpres, recolle ses bris de lumière, les derniers fragments d’or, toute la gloire d’une saison passée.
©Perle Vallens

Emotion·nature·poésie

Pampa

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L’inflorescence blanche balance entre deux cieux, vigie penchée sous le joug des ombres douces, la course des nuages au-dessus des pierres sèches chatouillées par le sable. L’orteil raconte une histoire ancienne, un vieux conte qui s’égrenne, chaleur grège sur la peau. Dans l’air flotte une chanson que nul n’entend mais que l’oeil boit, chauffé au feu de l’ivresse végétale. Le vent agite un choeur d’images qui se mange par petites touches, qui se laisse lécher longuement. L’âme allongée entre les plumeaux remâche une soie dessillée,  les rides du souvenir, les soupirs du passé. Que se prolonge encore un peu la magie de l’enfance…
©Perle Vallens