Merci à Benjamin pour avoir ce choisi ce texte dans la revue Miroir parue hier, à lire ici. http://revuemiroir.wordpress.com



Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…
Merci à Benjamin pour avoir ce choisi ce texte dans la revue Miroir parue hier, à lire ici. http://revuemiroir.wordpress.com




On bricole avec la peur au fond
des ventres le frisson sur la peau
s’écorce flétrie son rideau plissé
pelure d’or d’une fin de journée
la fébrilité des ombres
et leur tressaillement
une terreur grandeur nature
je devine quelle arme utiliser
pour soustraire le superflu
depuis le feu du jour
Perle Vallens
L’année dernière et celle d’avant, j’ai participé avec grand plaisir au festival de la Velouse à Charly. Cette année, les subventions ont été coupées à peine trois mois avant et tout le travail effectué en amont par les organistateur-ices réduit à néant. C’est un exemple de plus parmi tant et chercher à créer soi-même un événement artistique relève d’un parcours du combattant pour la recherche de financement. Bref, je devais participer à nouveau et voici les proposition qui ne seront pas exposées :


NB le texte de la première proposition est l’un de ceux dits lors du Printemps des poètes à Orange.

la saison tient du hasard
son surgissement erratique
un printemps aquatique me pousse dans la main
ce qui tombe de l’œil n’est que poussière
peut-être que la douleur s’épuise
après tout
Perle Vallens


Dans ce numéro du 8 mars de la revue Miroir, impulsé par Laura Vazquez voici un nouveaux texte poétique autour du corps, à lire dans l’intégralité ici



L’été finissant se décalque sur les peaux
se découpe sur restanques escarpées
se corse d’ambre et d’ocres
ces caresses du soleil avant qu’il ne s’éteigne
les ombres se replantent une à une dans mon corps enraciné qui renonce
et s’abandonne à la gestation des lumières fragiles
le ciel à reculons comme abdiquant
ses feux de jour son effet fleuve
ses impatiences distillées diluviennes
en valses d’éventration
le ciel jusqu’au point de bascule
sa lenteur d’extinction ses prises au sol
où s’ancre ce qui s’apparente au silence
le ciel : un lac sombre
Perle Vallens



Partie civile prise à partie
quelle participation à votre propre viol
quelle dose de cynisme se glisse dans les veines
de Gisèle
au moins autant que l’empoisonnement chimique
dont elle fut aussi victime
et dans les nôtres que l’on sent gonfler
au cou la piqûre insane et systémique
partie tronquée de parti pris l’accusation
soulève une jupe quelle indécence
dans ses questions se retourne la faute
comme un gant
second viol après les premiers de l’esprit
après le corps et l’âme souillée de Gisèle
se rebelle et brûle un sentiment d’injustice
d’une torche de sororité nous armons
notre bras unique pour porter d’une voix
toutes celles qu’on a fait taire
quelle partie visible de l’iceberg et quelles volet caché
diktat du patriarcat tu ne seras pas comme ci ou comme ça
sous emprise encore s’échapper de leurs peaux
de leurs yeux visqueux en réchapper
à quand le tremblement des violeurs
leurs regards torves ouverts spectateurs
et tous les autres tapis dans l’ombre solidaire
poils hérissés offuscation muette ou inexistante
j’attends moi aussi que la honte change de camp
Perle Vallens

Tout se cherche dans le hors-champ. L’invisible se laisse au mieux deviner, soumis à imaginaire interprétation. Dans l’aplat de lumière trop blanche qui tapisse la chaussée, dans le découpage obtus des ombres, dans leurs arêtes trop nettes dans l’enfilade de murs effrités, de ruelles qu’il s effacent, dans l’immobilité se lit une chaleur écrasante de plein été.
L’œil elliptique compromet la vision élargie qui s’interrompt dans le visage flou de deux enfants. L’un en mouvement que l’autre regarde dans l’attente possible, sa bouche entrouverte sur possible interpellation, surprise suspendue sur le mot inconnu. Regard de répréhension, incitation, exhortation ou conseil avisé, de l’aîné sur le plus jeune, on hésite.
Le soleil éclate en liseré de chandail, qui contredit l’impression de chaleur intense, et sur le haut du crâne, nimbé, comme coiffé, non auréolé de faux ange, collé à la façade décrépite de cette image à la sauvette.
Perle Vallens
(texte écrit au musée Cartier-Bresson, devant cette photographie)

Il se rêve des mains de pianiste
lestes (sans piano)
Il se rêve longue de jambes
espacées dans l’écartement chevalin
d’une montée à cru
Il choisit de remaquiller ses doigts
certains seulement ceux pour écrire un mot qui dure toute la vie (au moins toute la journée)
Le trait de liner pour délimiter les lisières entre lui et elle c’est fil à couper la part fille de l’homme
Le vernis à ongles se pose à cheval entre les genres
sans bavure
Le maquillage est une grammaire bilingue
pour traduire les visages
ll dit je et pense elle
A un moment l’homme abandonne la femme
qu’il est
sur une aire de délestage
Il fait venir chaque jour de nouvelles cellules pour recomposer sa peau
Il abuse des lotions capillaires et des vides sanitaires
Il se passe en vidéo pour vérifier son sexe
Il bombe le torse et ses épaules tombent un peu
Il ramasse ses identifiants
ce sac d’identités aux anses trop longues
ce qui glisse toujours un peu c’est le choix
fille ou garçon c’est cornélien c’est indifférencié parfois indécision rampante
le lierre du genre qui s’entortille au corps
Il est une géographie changeante
non contenue dans le paysage
Perle Vallens