C’est quoi une main une zone de contact pour découvrir le monde ou une zone de contact pour l’effacer
C’est quoi un oeil un angle d’attaque de la lumière pour faire pression sur les ombres ou un clignement pour limiter les effets d’un trop grand ensoleillement
C’est quoi un sourire une minute de silence qui peut durer longtemps ou une impatience des mots pour qui cela ne va jamais assez vite
Le regard saisit par capillarité selon que les cils sont rabattus ou non, selon que la paupière close, la pupille à l’image jointe
Pour ce 49ème ciné-poème, une pensée particulière à Emma, ma libraire et amie, avec cet extrait du film Les prédateurs (the hunger) de Tony Scott, avec Catherine Deneuve et David Bowie, Forever and ever… Le titre du ciné-poème est : ce que cache le baiser.
Fanzine créé par Julie Facquier, le Nouveau Décadent réunit textes et illustrations » érotiques, surréalistes, ésotériques.. ». Dans ce second numéro, je partage un poème sur le corps, ses explosions, dont vous pouvez lire le début ci-dessous, en vis à vis d’une oeuvre de Laurence Marie. Vous pouvez soutenir l’édition de ce livret en l’acquérant directement auprès de Julie, par mail juliefacquier@gmail.com.
je pourrais contourner les principes de ta timidité avec mes jambes je pourrais te contaminer la moelle d’endorphines dégeler ces terrains vierges qui s’enterrent sans épitaphes je pourrais te retourner la peau par le biais d’un seul baiser ce précipice arrosé de mon essence pour prendre feu (tout brûle même le pyromane) je pourrais vaincre tes états-dames qui brouillent mes pistes ouvrir tes frontières sans sauf-conduit tes langueurs tendres je pourrais te bombarder le corps ramasser des morceaux de toi émiettés jusqu’aux orifices non officiels (façon naissance de tes mondes) je pourrais vidanger tes noirceurs à l’ombre de mes territoires faméliques je pourrais te coucher – nu – sur le papier sans trahir le texte Perle Vallens
Colère cryogénique te fige dans ta rage rien ne bouge que l’arc circonflexe au front déformé du ressentiment rien ne gicle que le fiel par tous les trous du corps par tous les pores
La rancœur encastrée tient tout d’un bloc serré comprime l’humeur qu’une croûte vile recouvre d’un gel sous contrôle que rien ne pourrait rompre sans risque