Silence ou chasteté entre les deux mes voeux balancent toujours déséquilibrés dans mon chaos intérieur
trajets multiples ou voie de garage je ne choisis rien des allées et venues de mes doutes de mes peurs des ombres qui me traversent des éclaircies qui m’éclaboussent
La revue Le Ventre et l’Oreille est une revue culturelle d’expressions musicales et culinaires. Elle réunit des articles au fil de l’eau et des numéros thématiques. Le dernier thème en date est « Beurk » et traite de dégoût gustatif, olfactif, visuel, concernant ce qui se cuisine et se mange, ou auditif s’agissant de sons, de musique… Ici il s’agit d’une voix qui évoque un certain dégoût de la viande, crue notamment, et du sang (serait autant fascination que dégoût..) et se déroule dans l’arrière-boutique d’un boucher, là où ont été prises les photographies qui illustrent la narration et qui sont donc également de moi. NB le titre est un clin d’oeil à Eschyle, de la citation originale : l’odeur de sang humain ne me quitte pas des yeux.
Je suis la seule jauge de mes bons et mauvais jugements là où se loge et se déloge la part du feu retranchée dans la partie la plus fine la plus effilée d’une imagerie sans réelle origine sans conformité avec ce que l’on attend des autres ou ce que les autres attendent de nous
la réponse adéquate n’existe pas on élimine ce qui gêne de façon plus ou moins radicale on justifie ses gestes ou ses absences de gestes on déroge à nos règles de non imposition des mains on digère mal ses échecs on finirait par faire place nette de toutes nos utopies
exposition transitoire du vivant là où bestioles visibles à l’œil nu leurs organes au stéthoscope vague air humain sous l’animal ou belles plantes manucurées vivaces avant la floraison
la saison prochaine échappe à tout contrôle des saillies un taux de natalité oscillant autour de zéro un drôle de z et deux o une façon compulsive d’avaler ses proies de se dévorer les entrailles
on raye la valeur ajoutée du nom se remplace par cet énième cryptonyme un pseudo augmenté de sa chair pleine viande dans ses parenthèses on sait ce désir qui s’agite en surface qui fermente par énigme ou par miracle forme ses bulles à seule fin d’explosion
je prends ton visage et je le dirige vers ma nuit sans rêve ce n’est qu’une image un cliché numérique qui clignote depuis l’écran éphémère de mon smartphone
je ne sais pourquoi il a le mauvais goût de s’éteindre à la première occasion dès que j’ai le cœur retourné dès que je tourne de l’oeil l’écran cligne et vacille à ma place