montage photo·photo couleur·photo n&b·poésie

Nuage à la bouche

substance baudruche 
gonflables à mesure qu’ils se chargent
de leur poids du jour
les nuages cherchent leur expansion
laissent échapper leur blancheur 
pourraient franchir les frontières du ciel 
trouvent une bouche plus grande qu’eux 
qui les aspire comme rafale 
les avale pour de faux
bulles de chewing-gum barbapapa
neige impalpable en suspension 
poudreuse mangée entre les lèvres
©Perle Vallens

photo couleur·poésie

Nom à la bouche

Confluence de tes mots à mes lèvres
s’ouvrent sur ton nom 
mordu de sa belle mort 
entaillé d’un signe d’un silence 
mouillé de la pluie de ma bouche 
qui le baigne 
qui brasse et malaxe 
mâche et le saigne
achève dans ses jus
impossible à digérer 
ton nom ma plus chère bactérie 
prise en amitié colonisée 
désigne ma faiblesse 
mon désir
petite créature
multirésistante
©Perle Vallens

photo couleur·poésie

Trouée de ciel

Le ciel baisse sa vue devenue courte
passe sous la corniche 
s’éloigne et se rapproche
Le ciel joue avec nos nerfs et nos yeux
chasseur cherche sa proie loin des nuages 
chatouille la terre à l’orée d’un crépuscule qui tarde
Trouée grande comme le sas du jour 
le ciel y pénètre par la plus petite ouverture 
pour l’élargir 
remplace sa houle par plus grande tempête 
par furie de vent
Cette violence du ciel ravage sans grand bruit 
juste un souffle pour obscurcir 
pour s’affranchir du jour 
froid et dur tombé entre nos mains 
Le ciel blesse sans en avoir conscience 
©Perle Vallens

corps·photo couleur·poésie·prose

Blanchi

Au corps le corps reconnaissant, dédicataire de lui-même. 
Le corps anachronique a des désirs de grandeur qui ne sont plus à sa portée.
Vieilli, blanchi, claudicante consécration de l’âge, corps bêtabloqué en soutien du cœur.
Il durera ce qu’il durera.
Son plein potentiel, humain moins humain mais position méta. 
Le corps polymorphe dans son désir d’être est une foule à lui seul. 
©Perle Vallens