si l’un a les ailes coupées
PV

PV
PV
dans la cavité buccale claque
et vient se coller
sa partie la plus charnue au palais
érectile pour énoncer : la langue
PV
Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…


parfois cracher ne suffit pas
haut seuil de violence s’il faut faire le mur
passer de l’autre côté
se laisser choir
la glisse ça me connaît
c’est une histoire de tempérance
d’acceptation
s’amincir
se rabattre vers son centre
fermer les yeux ou les baisser
se taire ou se terrer
ne revient pas tout à fait au même
tôt ou tard je relève ma tête
bien campée sur la nuque
sans craindre la décapitation
Perle Vallens
11/10 errer
dans le crâne erre un lac
avec vie intégrée
remuante
avec vérité crue des organes
avec vue sur la chambre intérieure
rien de calme en somme
PV
12/10 épicé
inévitable silence
en ébullition
tenace dans ses frénésies
ses saturations de bouches
ses fébrilités épicées
décisives
PV
13/10 montée
il y a dans l’entêtement à désirer une
vanne rétive que l’on ouvre contre son gré
une vérité caduque qui nous enivre
et provoque la montée des eaux
PV
14/10 château
la langue bée devant le manque
tour tronquée du château
dont les douves jadis pleines
sont aujourd’hui exangues
PV

15/10 poignard
ses croyances sur parole
sont amputations au poignard
ce moignon replié sous l’os hagard
hésitant du pied
PV

Il aura suffit de percer profond, d’extraire un peu de matière, de lever les remblais nécessaires. Un corps en creux pour abriter le vide. L’excavation était assez grande pour laisser pénétrer jusqu’à l’absence.
Perle Vallens

C’est ce tube blanc qui luit
aveuglant dans l’obscurité
il brûle les yeux si on le fixe trop longtemps
il tressaille égratigne la prétendue quiétude
taille la belle assurance dans toute sa longueur
le cran fendillé vrille les nerfs
entame le cœur à coups de
grésillements
j’ai vu clairement le néon
grimacer
sa vibration perverse sonne un glas
le grondement d’une terreur sans contrôle
une crispation glaciale dans la nuque
lambeaux de courage ramassés repliés
sous l’accélération du pas
ma peur sous la semelle résonne
dans le trop noir du parking
Perle Vallens

Ne sait pas par quel bout me prendre
par quelle main par quelle lèvre
me prends comme un rond-point
me tourne autour ménageant sa ligne droite
ou me contourne
semble chercher un panneau indicateur
qu’il ne trouve pas
mon corps mal signalisé peau mal balisée
ou serait-ce qu’elle manque de lumière
Ne sais quel chemin il prendra pour
sa sortie de route
Perle Vallens

Il n’y a pas tant de façon de nommer l’absence
sinon le manque
la faim du ventre
ce qui brûle à l’intérieur
n’est pas le torchon mais petit sac de mots
et d’intentions
petite peau pelée
la dent dure de ne plus mordre
le geste ramassé roulé en boule
au fond de la mémoire
Perle Vallens
La matière noire est le nouveau thème du Jeudi des mots poue ce mois de septembre, manière d’anthologie ouverte aux poèmes, dont c’est ici le quatrième volet. J’y participe avec un des mots et des photos.




Toute ressemblance avec un sourire existant serait purement fortuit
Celui qui ignore le mieux provient d’un visage inconnu
ou oublié
Il se dit que l’effacement est le fond commun
que les échoués n’ont pas tous préalablement fait naufrage
Perle Vallens











Le festival est terminé mais les expositions restent en place à Charly (Cher) jusqu’au 10 septembre : poèmes graphiques/photo-poèmes en extérieur, vidéo-poèmes dans la « plus petite maison de la poésie » en partenariat avec la Péninsule/Maison de poésie en Cotentin, créée par Adeline Miermont-Giustinati que je remercie pour les photos ci-dessus.