photo n&b·poésie

Saler les jours

un avenir construit mentalement
est une marche que l’on ne peut manquer
même si l’on trébuche
même si l’on tombe dans un système
de redressement
on s’imagine des choses mais
le plan souffre
d’une imprécision
d’un manque de discernement
l’éclaircie est ce qui rend nécessaire l’aperçu
condition sine qua non aux réponses
que l’on se pose
ce négoce des heures futures
les dispositions testamentaires qui nous promettent
des étagères mieux rangées de nos sentiments
des coffres forts où stockés les pleurs et les excès de sel
que la marée fait remonter jusqu’à nous
Perle Vallens

photo n&b·poésie

Etoilées

au ciel pendantes
ces lumières métamorphes
leur clignotement se répondent
comme l’on se parle au premier jour du monde
sans savoir à quelles lois obéissent
les phénomènes essentiels
les soubresauts du temps
que l’on ne perçoit que par à-coups
le long de la colonne vertébrale
la saillie astrale vaut prédiction
pour les quelques jours à venir
en sourire dérisoire les étoiles
persistent et perlent
dans leur scintillement
Perle Vallens

photo n&b·poésie·recueil

Vision de mère

j’apprends à voir dans le noir
j’exerce ma vision de mère
mon regard erre crucifié
à trop percer la chair de ma chair
s’étrangle de ne rien dire d’extrême
s’exagère en veilles prolongées
en surveillances excessives
c’est pour mieux m’exalter mon enfant
galvaniser l’abnégation
excès de zèle j’avoue le sentiment
exacerbé qui me grise
divinisée dans cette ivresse facile
qui monte aux yeux
Perle Vallens

(extrait d’un recueil en cours)

atelier Tiers Livre·écriture·photo n&b·poésie

Chiennerie

tendon froissé de vieil élastique – tiraillé se travaille en longueur surtout pas en force – s’exercer à la souplesse là où le muscle cesse – ne sait comment tout ça reprend sa forme initiale – comment se reconstitue le puzzle – comment parle le squelette – onomatopées ou rugissements – osselets se jouent de l’esprit – là où nerf tendus à l’extrême – où la douleur où le plaisir quand l’un chasse l’autre – si la morsure de la peau – la laisse lâche sur la chair – chiennerie le corps 
Perle Vallens

photo n&b·poésie

Froid

je fais le plein de fraîcheur vide
mentholée
néant névralgique à saveur glaciale
convulse et réprime
une source vénéneuse
frissonnante incrustation au-dessous de zéro
ce désert me descend tout droit
dans l’oesophage
cendres de plomb givré
le vif tremble sans bouger
sans déranger le moindre organe
gélatine dans le gel mollement vibre
dans l’invisible viscosité des sécrétions prises
ce glas de la caresse
c’est à se demander si le vent aussi
est mort de froid
Perle Vallens

Dans sa version composée :