
le désir n’a pas déserté
il se tient aux portes
rangs serrés de pulsations
disent l’éclat de l’histoire
qui cogne encore
qui bute dans mes entrées
qui percute et fait trébucher
balbutie et titube
jusqu’à l’aube
©Perle Vallens
Il n'y a pas d'âge pour rêver, vivre et écrire ses rêves…

le désir n’a pas déserté
il se tient aux portes
rangs serrés de pulsations
disent l’éclat de l’histoire
qui cogne encore
qui bute dans mes entrées
qui percute et fait trébucher
balbutie et titube
jusqu’à l’aube
©Perle Vallens

La tête danse sous un chapelet
de cheveux emmêlés
On passe sa main et c’est
comme chercher l’aiguille
dans la botte de nœuds
…
chaque incisive perce
le matin au même endroit
précisément là où il saigne
il faut laisser au jour
le temps de cicatriser
…
la lumière a des pulsions
fait des zooms exprès
des effets stroboscopiques
elle refuse de caresser le sol
à la fin elle se réfugie au ciel
©Perle Vallens

Je ne compte plus les mots dans mes poches
sous les yeux
Je les maquille d’un peu de lumière
d’eau de chaleur manquante
le mascara serait silence pour souligner
ourlés déroulés je triche c’est un fait
travestis salivés je corrige leur mâche
Je change leur taux d’humidité pour plus fluides
plus fondants j’agis sur leur tendreté
Personne ne dit combien compte
l’hygrométrie des mots sur la qualité
de leur chair
©Perle Vallens

Jouer à chat du bout de la langue
minuscule râpe à miauler les mots
sur la peau à rebondir tête contre tête
comme balle au prisonnier consentant
enfermé sous ma griffe
©Perle Vallens

quelques particules de Kafka
remontent périodiquement à ma surface
elles flottent sur mes yeux avant métamorphose
leur mutation donne parfois lieu à mélancolie
ou culpabilité soudaines à grossissements optiques
à fourmillements encéphaliques
leur mutation donne parfois lieu à poèmes
©Perle Vallens

c’est là qu’il me pose un lapin
bien au fond de la gorge
patte qui gratte ce qui me ronge
du coup je ne dis rien
j’ai trop peur que la fourrure
me quitte pour un sanglot
pour l’instant elle me tient chaud
même si elle m’étouffe
c’est lui le premier qui pourrait
lever un lièvre mais je l’oblige à se taire
il se venge en me coupant la parole
je me demande si c’est le lapin blanc d’Alice
qui s’est engouffré parce que j’ai
l’impression de glisser à l’intérieur
de moi-même
©Perle Vallens
Christophe Condello est un poète québécois, auteur de plusieurs recueils et qui tient blog. Il y poste sa poésie et met en lumière de nombreux auteurs, surtout de poésie.
Très heureuse de lire qu’il apprécie ce que j’écris, j’ai partagé avec lui quelques poèmes inédits tirés du volet « sang noir » du recueil Carcasse (toujours en cours d’écriture) ainsi qu’une photographie non encore publiée autour de l’homme minéral, qu’il a donc publiés sur son blog.
Merci beaucoup, Christophe !


certaine ramure de certains bras
certains ramages comme bruissement d’ailes
comme rumeur portée par le vent
certain socle comme déraciné
cette souche aux rejets encore vivace
cet homme dont je tombe
comme d’un arbre
©Perle Vallens

Les mots planent au dessus de la tête
entre deux lacunes qui semblent des silences
en profitent pour voler des impressions erronées
impriment des souvenirs qui s’affichent sur le côté pile
se déroulent en couleur leur défilé à fendre le cerveau
Au début agréables à regarder
puis deviennent une imposture insupportable
un genre de plagiat ce déjà vu qui gêne
qui dérange le présupposé du passé
ce qu’on pensait bien rangé
A un moment ils deviennent une menace
une suffocation brusque
une façon de prononcer ouija
sans fantôme pour remonter jusqu’à la bouche
©Perle Vallens

rassir sa peau de bête
rompre le jeûne à mordiller
cet épiderme amorphe
qui refuse de se réveiller
se réfugie dans l’imperceptible
dans l’imperméable terminaison
avant la perte définitive des muscles
se définit comme déficiente
la traversée des nerfs se fait
sans contrepartie
sans contrefaçon émotionnelle
se fait inertie des viandes
à bras (recourbés) le corps
la contention triste des chairs
il faut secouer les marées
tressaillir la vague son retour
à vif pluie fine sur les hanches
tu touches au but et c’est brutal
on en met partout
on disperse tous nos vœux
on espace nos (bonnes) volontés
les escarbilles glissent
tout droit dans ton œil
du feu à saisir en guise
de rêve éveillé
©Perle Vallens