Au bord du chemin roule quelque chose qui ressemble à une pierre. Elle pourrait s’envoler si on soufflait dessus. Alors je souffle dessus. Le vent m’aide dans mon entreprise. Rafale ou saccade, la chamade du cœur de la pierre, à brides rabattues. Blanc, le ciel bat son unisson.
Regarder le mont gardien de ses neiges jadis. Leur fonte en rigoles, en rivières. Une berceuse à tremper entre deux rochers avant l’heure de la sieste. S’approcher des cimes, troisième à gauche derrière l’écran total des sapins. Ici, étang à poissons, ciel à rapaces, le pressentiment d’un orage à venir dans la zèbrure du jour.
Il y a quelque chose qui ne va pas Il y a quelque chose qui n’est pas à sa place et qui va dans tous les sens Quelque chose remplit et se déplace Quelque chose mûrit sans rien dire de lui Quelque chose porte ses fruits pourris comme une impatience
A une certaine heure du jour où les ombres ont grandi trop vite où le ciel s’est aminci jusqu’à la maigreur le risque est de renoncer d’abandonner sa patience à même le sol et délaisser le souffle
Miroir au pied, l’eau stagne, glacée Petit lac à la pointure exacte, à la pointe du cuir, une flaque La tentation de sauter, d’y mettre les deux pieds D’un coup