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Vol au vent

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Les mots tout imbibés de rosée du jour refusent de sécher. Ils ont trop peur de mourir. Ils veulent rester des mots vivants au bord de la bouche, sur le bout de la langue, à portée de voix. Ils veulent pouvoir sortir et s’envoler. Ils veulent qu’on les voit bouger, danser entre deux vies. Ils ont l’éternité mais ils ont trop peur qu’on les oublie. Ils aimeraient qu’on les nomme, qu’on les prononce encore une fois. Les mots craignent l’immobilité encore plus que les ratures, encore plus que la gomme.

Le vent s’est levé, les mots s’emmêlent sur le papier. Le vent a soufflé, les mots commencent à s’affoler, à se mélanger les sens. Le vent a tourné. J’ai pu étendre mon poème. 

©Perle Vallens

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Forêt noire

Forêt ©Perle Vallens

Là-bas, la poussière saupoudre chaque densité invisible nourrie au sang des saisons. L’ombre se dépose en présure, en brisure de sel sur le caillé du ciel. La forêt s’est refermée à force d’attendre la lente floraison.
Derrière les volets de feuillage, les bouches errent, lèvres à vide, cherchent des baisers noirs dans les bras des arbres.
©Perle Vallens

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Avant demain

Avant demain ©Perle Vallens

C’est l’heure naïve où renaît l’idée de demain
où la fleur blanche essuie la lumière
lisse la transparence de ses pétales
devient le miroir lascif des ombres

C’est le moment du silence de l’humus
qui repose entre deux pierres chaudes
de la chaleur du jour
Il faut la retenir entre ses bras
bercer le soleil au crépuscule
saluer les étoiles avant leur extinction
Il faut poser son œil comme une joue
laisser la caresse de l’instant embrasser le soir
une tendresse sur l’oreiller
le message que l’on adresse à la nuit
©Perle Vallens